Le Centre

Potentialités

Potentialités (1)

lundi, 06 janvier 2020 08:14

Ressources en eau et zones humides

Écrit par

La Région du Centre est irriguée par un réseau hydrographique assez dense. Les cours d’eau traversent la région sur 386,62 km, et appartiennent aux sous-bassins versants du Masili et du Nazinon appartenant tous les deux au bassin versant du Nakambé. Le sous-bassin du Massili réunit l’ensemble des rivières de la commune de Ouagadougou, Koubri, Saaba, Pabré, Komsilga et une partie de Tanghin-Dassouri. Celui du Nazinon réunit celles de Komki-Ipala et certaines de Tanghin-Dassouri. Le Massili est le principal cours d’eau de la Région du Centre et le seul à être équipé d’un dispositif capable de mesurer le débit.

La Région du Centre compte en outre plusieurs plans d’eau artificiels réalisés pour la plupart, sur le bassin du Nakambé. Le potentiel en retenues d’eau disponibles dans la Région du Centre est établi à 89 comme le dresse le tableau ci-dessous.

 

Situation des plans d’eau par commune de la Région du Centre  

 

Comme l’indique le tableau 04 ci-dessus, la région compte 89 retenues d’eau de surface en 2017, réparties entre les communes rurales et la commune de Ouagadougou. Koubri est la mieux dotée en termes de nombre d’ouvrages. Environ 65 % de ces retenues d’eau sont concentrées dans la partie sud-est de la région, notamment dans les communes de Koubri (32 retenues) et Saaba (20 retenues). Ces plans d’eau constituent les principaux points d’abreuvement pour les animaux.

Les principales difficultés relatives aux retenues d’eau de la région sont :

  • L’occupation des plans d’eau par les plantes envahissantes comme les jacinthes d’eau ;
  • Les effets du changement climatique tels que les inondations (qui endommagent les digues) et l’élévation de la température (qui augmente l’évaporation) ;
  • L’insuffisance d’organisation dans la gestion des ouvrages, dont les mauvaises pratiques des acteurs (exploitation des berges et des lits
  • L’ensablement qui réduit la capacité des ouvrages hydrauliques ; mineurs) ;
  • Le non-paiement des contributions financières en matière d’eau par les usagers ;
  • La pression démographique sur les ouvrages due à la croissance des populations.

Les bas-fonds et les périmètres aménagés en aval de ces retenues servent pour la plupart à des exploitations rizicoles et maraîchères.

 

 

 


Milieu biophysique


Végétation

 

La végétation de la Région du Centre est essentiellement constituée de savanes arbustives et de forêts-galeries situées le long des cours d’eau. Ces formations naturelles constituent des reliques qui demeurent soumises à de fortes pressions climatiques, mais surtout anthropiques s’exerçant sous diverses formes : coupe du bois de chauffe, feux de brousse, défrichement en vue de la création de champs de culture, habitation, pâturage, etc.

Les espèces fréquemment rencontrées dans les formations naturelles de la région sont : Vitellaria paradoxa (karité), Lannea microcarpa (raisin sauvage), Anogeissus leiocarpus, Guiera senegalensis, Combretum micranthum (quinquéliba), Combretum glutinosum, Securinega virosa, Acacia macrostachya (zamnè), Acacia nilotica, Sclerocarya birrea, Tamarindus indica (tamarinier, Saba senegalensis (liane), Parkia biglobosa (néré), etc. sur les espaces humides, la végétation est dominée par Nymphaea lotus (nénuphar), Nymphaea micrantha, Nymphaea maculata, Nymphoides, spp. Typha australis, etc.

La Région du Centre abrite deux forêts classées dont la situation est présentée dans le tableau ci-après.

 

 

 Lannea microcarpa (raisin sauvage),

 

 

Forêts classées de la Région du Centre

Concernant l’aire classée de Gonsé, des modifications ont été opérées sur son statut initial en juillet 2007. Ces changements font désormais de cette formation la « forêt classée et réserve de faune de Gonsé » (DiFor, 2007).

Outre ces deux forêts classées, la région abrite une partie de la forêt classée de Nakambé dont la plus grande partie est localisée sur le territoire de la région du Plateau-Central (SDR, 2010).

En dehors des forêts classées, la région compte également :

  • Un nombre important de bois sacrés qui constituent des îlots de forêts sèches situées le plus souvent à proximité des villages ;
  • Des forêts communales et des forêts villageoises gérées de manières communautaires par les acteurs locaux ;
  • Des plantations mises en place par les actions de reboisements individuels et collectifs menés chaque année par les populations de la région. Ces actions ont permis d’aboutir à des plantations à des plantations d’espèces diverses (Eucalyptus camaldulensis le plus souvent) appartenant à des individus et à des structures associatives. Elles ont également permis la mise en place de la ceinture verte de Ouagadougou, même si cette dernière est soumise à une très forte pression qui la menace de disparition.
 


La carte d’occupation des terres de la Région du Centre ci-après permet de voir la végétation et les autres unités d’occupation des terres de la région.

Occupation des terres de la Région du Centre

 


Faune

 

En raison de la forte pression sur son habitat, la grande faune est inexistante dans la Région du Centre. Seuls les petits mammifères, des oiseaux et des reptiles y sont rencontrés. Selon une étude de la Direction Régionale de l’Environnement et du Cadre de Vie du Centre en 2008 portant sur « La diversité biologique dans la Région du Centre : Etat des lieux, tendances » les espèces suivantes de faune sont rencontrées dans la région :

  • Les espèces de mammifères : céphalophe de Grimm, chacal commun, chat sauvage, civette, écureuil fouisseur, genette, hérisson à ventre blanc, lièvre, mangouste grise du cap, oryctérope, ourébi, patas, phacochère, rat de Gambie, etc. ;
  • Les espèces d’oiseau : aigle bateleur, coucal gris, francolin, pintade commune, touraco gris, engoulevent, poule de rocher, outarde de denham, calao à bec rouge, vanneau, ombrette, etc. ;
  • Les espèces de reptiles : varan du Nil, python de Sebba, lézards, serpents, tortues terrestres, etc.
 


De plus, comme faune aquatique, les crocodiles sont rencontrés dans la région. Souvent considérés comme sacrés, ils font l’objet d’attraction touristique comme le cas de la mare de Bazoulé dans la commune rurale de Tanghin-Dassouri.

 


Environnement et changements climatiques

A l’image de tout le Burkina, la Région du Centre subit les effets néfastes des manifestations du changement climatique. En plus de ses effets directs, le changement climatique agit comme catalyseur, accentuant les retombées néfastes des actions de l’homme sur l’environnement. Les manifestations du changement climatique dans la région sont ressenties essentiellement sur l’évolution du climat et sur les systèmes de production agricole de façon large ainsi que sur le plan hydrique. Les principales manifestations sont les suivantes :

  • La baisse de la pluviométrie ;
  • L’accentuation des vents violents ;
  • La hausse de la température moyenne.

Face à ces manifestations du changement climatique, les sous-secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de l’eau et de la foresterie sont les plus vulnérables. Les conséquences sur ces sous-secteurs sont notamment :

  • La baisse des rendements ;
  • La perte des récoltes ;
  • L’accroissement de la prévalence des maladies du bétail ;
  • La réduction des pâturages ;
  • L’ensablement des cours d’eau et des plans d’eau ;
  • Les séquences sèches à durée longue ;
  • Les débuts tardifs et/ou les arrêts précoces de la période humide ;
  • L’apparition de nouveaux ravageurs ;
  • le développement de résistances ;
  • Le tarissement précoce des cours et points d’eau ;
  • La baisse des quantités d’eau de surface et d’eau souterraine ;
  • La disparition de certaines espèces importantes pour l’alimentation du bétail ;
  • La réduction de la superficie et du potentiel des formations naturelles ;
  • La diminution en quantité et en qualité de la diversité biologique.

Face aux effets des changements climatiques, les populations aidées par les services étatiques et les partenaires techniques développent des pratiques d’adaptation dont les plus courantes sont :

  • La réalisation des actions de Défense et restauration des sols/Conservation des eaux et des sols (DRS/CES) ;
  • La production et l’utilisation de fumure organique ;
  • L’utilisation de semences améliorées ;
  • La pratique de l’agroforesterie ;
  • L’utilisation de foyers améliorés ;
  • La production de plants et reboisements individuels et collectifs des espèces locales et exotiques ;
  • La réalisation de retenues d’eau et de puits modernes.

 

Publié dans Potentialités