Les Hauts-Bassins

Potentialités

Potentialités (3)

mardi, 07 janvier 2020 16:58

Ressources végétales

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Source:Photo de Julio Von Gepetto


La végétation de type soudanien présente un développement important des espèces ligneuses formant des savanes boisées, des forêts galeries le long des cours d’eau avec un tapis herbacé constitué

essentiellement de formations herbeuses (Andropogon gayanus et Andropogon schirensis). Le tableau ci-dessous fait l’état des forêts classées de la région.

Tableau N°4 : Situation des forêts classées de la Région des Hauts Bassins

Province

Sup prov (ha)

Code

Nom

Sup forêt

(ha)

Sup totale

(ha)

Province

(%)

Région

(%)

Houet

1 154 828

13

Kua

279,09

57 667,22

4,99

2,25

14

Kuilima

4 378,47

16

Dan

4 347,20

9

Dindéresso

7 821,67

12

Kou

(guinguette)

35,17

15

Péni

1 105,20

3

RB Mare aux

Hyppotames

16 969,72

2

Téré

11 356,20

4

Maro

11 374,50

Tuy

562 162

 

Maro

41 847,01

134 039,42

23,84

5,24

7

Bansié

1 442,25

8

Bambou

1 142,46

6

Bouahoun

540,02

5

Dibon

23 407,60

10

Kappo

5 181,01

11

Mou

35 488,76

1

Tuy

24 990,31

Kénédougou

840 360

-

-

-

-

-

-

Source : PRD, 2010


 

La région compte seize (16) forêts classées reparties entre les provinces du Houet (09) et du Tuy (07) sur une superficie totale d’environ 190 574 hectares, offrant des possibilités d’exploitation de bois d’œuvre et de service seulement dans la forêt de Dinderesso. Deux (2) de ces aires (Mou et Dibon) sont concédées à des privés pour la gestion de la faune sauvage et la chasse. Il faut aussi mentionner les forêts communales, villageoises ainsi que les bosquets scolaires.

La composition floristique de ces formations végétales est très riche. Elle est constituée de

Butyrespernum parkii (karité), Parkia biglobosa (néré), Bombax costatum (kapokier rouge), Tamarindus Indica (tamarinier), Adansonia digitata (baobab), Anacardium occidentale (anacarde), Mangifera indica (manguier), Citrus limon (citronnier), Carica papaya /sp (papayer), Elaïs guineensis (palmier à huile), Psidium guajava (goyavier), Khaya senegalensis (cailcedrat), Cassia sennasiamea, Moringa oleifera (moringa), Acacia macrostachya, Balanites aegyptiaca, et d’Elacis guinensis.

D’autres espèces naturelles sont introduites par les services en charge de l’environnement. Il s’agit

des tecks (Tectona grandis), des eucalyptus (Eucalyptus camaldulensis), des neems. La zone comporte également des forêts galeries éparses dans le périmètre de Nasso-Guinguette constituées de plus de 250 essences dont une grande partie joue un rôle important dans la pharmacopée locale.

Certaines essences particulièrement recherchées, comme Rauvolfia vomitoria et Moghania faginea dont les extraits servent notamment dans le traitement de l'hypertension sont menacées de surexploitation dans la région[1].

Les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) sont les fruits, graines, feuilles, fleurs, tiges, écorces, racines, sève, exsudats, etc. Les principales espèces concernées sont le karité, le tamarinier, le kapokier rouge, les feuilles et fruits du baobab, etc.

Les principales contraintes relatives aux ressources forestières de la zone sont les suivantes :

  • l’érosion par ravinement qui déracine les arbres situés à proximité ;
  • la persistance de la coupe abusive du bois pour la satisfaction des besoins en bois énergie

(bois  et charbon), bois de service, bois d’œuvre, alimentation, etc. ;

  • les activités agricoles avec le défrichement de superficies de plus en plus importantes ;
  • le nombre croissant d’animaux en saison hivernale qui mettent en péril la régénération naturelle et la réussite des actions de reboisement;
  • les effets néfastes du changement climatiques (sècheresse, mauvaise répartition des pluies, forte évapotranspiration) qui ne favorisent pas la régénération naturelle.

Les conséquences de ces facteurs de dégradation sont un accroissement de la proportion d’espaces à faible densité de végétation et des sols entièrement dénudés.

 

[1] UICN, 1994


La faune


Source: Photo de Tétraktys


La faune de la région des Hauts-Bassins se compose de trois (03) grandes classes d’animaux :

  • les mammifères: Loxodanta africana (éléphant), Syvicapra grimmia, Hippotragus equinos (antilope), Lepus lapensis (lièvre), phacochoerus africanus (phacochère), Tragelaphus scriptus, Ourebia ourebi (ourebi), erythrocebus patas (singes), Xerus erythropus (écureuil), Canis adistus (loup) ;
  • les oiseaux: Francolinus bicalcaratus (francolin), Numida melegris (pintade), Ptilopachus petrosus (poulette de roche), Bubulcus bis (héron garde-bœufs), Actitis hypoleucos (chevalier guignettes), Glaucidium perlatum (chevêchettes perlées), Cinnyris pulchellus (souimanga), Ploceus velatus (tisserins à tête rousse), etc. les reptiles

Il faut noter que la région compte quelques aires de protection de la faune (Cf. tableau ci-dessous) et une concession de chasse (la Mou) d’une superficie de plus de 35 000 ha à Koumbia dans la province du Tuy.


Situation des aires de protection de la faune dans la région

 

Localisation

Aire classée

Superficie

(ha)

Date de création

Observations

Houet

Dindéresso

8 500

-422/SE du 27 février 1936

-3006/SE/E du 26 août 1941

 

Kuinima

2 150

421/SE du 27 février  1936

Mare aux hippopotames

19 200

836/SE du 26 mars 1936

Réserve de la biosphère et aire de faune

Kua

350

891/SE du 27 avril 1936

 

Kou

117

190/GF du 13 janvier  1951

Dan

4 300

5765/SE du 03 août 1953

Aire de faune

Péni

1 200

3389/SE/F du 24 sept. 1942

 

Téré

10 700

8314/SE/F du 23 nov. 1951

 

Tuy

Bahon

1 600

836/SE du 26 mars 1937

 

Bambou

1 800

836/SE du 26 mars 1937

 

Bansié

300

836/SE du 26 mars 1937

 

Dibon

24 000

4637/SE/F du 24 juin 1954

 

Kapo

9 900

836/SE du 26 mars 1937

 

La Mou

35 000

3406/SE du 20 octobre 1938

Aire de faune

Maro

50 000

116/SE du 28 janvier 1940

 

Tuy

50 000

115/SE du 17 janvier 1940

 

Source : DREEVCC_HBS, décembre 2017


Une relative concentration de la faune est observée dans la partie sud. Le potentiel faunique est à la base du développement de la chasse et du tourisme de vision en plein essor dans la région.

La campagne d’exploitation faunique 2016-2017 s’est dans l’ensemble bien déroulée en dépit des contraintes liées à l’insécurité qui a conduit de nombreux touristes à annuler leur voyage au Burkina Faso.

Les résultats obtenus sont la réalisation de cent-cinquante-neuf (159) sorties de contrôle par les acteurs, la délivrance de cinquante-deux (52) permis d’exploitation de la faune, la sensibilisation de quatre-cent-trente-neuf (439) personnes. Le total des recettes recouvrées au cours de cette campagne est de neuf cent soixante-trois mille (963 000) FCFA.

Notons que la rareté de cours d’eau permanents influe négativement sur la disponibilité des ressources halieutiques. Ce faisant, les ressources halieutiques se composent essentiellement de silures, de poisson-cheval, de tilapia, de sardines, de crocodiles et de varan du Nil.

Cette situation explique en partie la faible pratique de l’activité de pêche dans la région. Toutefois, on

y distingue la pêche de subsistance, la pêche commerciale, la pêche traditionnelle et dans une moindre mesure la pêche sportive.

 

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mardi, 07 janvier 2020 16:23

Ressources en Sols

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En se référant à la base de données du Bureau National des Sols (BUNASOL), les types de sols rencontrés sont les suivants :

  • les sols sesquioxydes et matières organiques (sols ferrugineux tropicaux): ces sols représentent 61,3 % des sols. Ils sont riches en oxyde de fer ou de manganèse et proviennent de la décomposition des sols ferrugineux tropicaux;
  • les sols peu évolués sont des sols jeunes qui se distinguent par une faible altération des minéraux et une faible teneur en matière organique. Ces sols ont des origines diverses liées au climat, à l'érosion ou encore aux apports extérieurs. Ils représentent 19,5% de la zone;
  • les sols fersiallitiques sont les sols dont l’évolution peut donner des sols ferrugineux ou des sols ferrallitiques. Ces sols sont bons pour les activités agricoles et forestières s’ils sont protégés de l'érosion. Mais, ce sont des sols fragiles, d'autant plus qu'ils sont soumis à un climat rude : pluies orageuses violentes et très fortes sécheresses prolongées. Ils occupent 7,6 % de la zone;
  • les sols hydromorphes sont des sols où la nappe d'eau perchée, temporaire ou permanente, affecte les couches les plus superficielles du sol. Ils sont caractérisés, d'une part, par le fer qui est réduit en milieu asphyxique (couleur verte du fer ferreux) et oxydé en milieu aéré (couleur rouille du fer ferrique) et, d'autre part, par la faible vitesse de décomposition et d'humification de la matière organique qui va donc s'accumuler. Ces sols hydromorphes représentent 6,45 % de la superficie régionale et se forment naturellement dans les stations basses qui subissent la battance des nappes phréatiques comme les fonds de vallée, les cuvettes, etc.
  • les sols à mull occupent 3,3 % du territoire et sont des sols calcaires dont le potentiel hydrogène (pH) est compris entre 7,7 et 8,5. Leur horizon A est épais et foncé ; ce qui leur donne l’appellation de terres noires. Ils sont surtout localisés dans la partie sud-est de la région.
  • les sols minéraux bruts représentent 1,4 % de la superficie et présentent un horizon de surface pratiquement inexistant reposant sur une roche peu décomposée constituée d’affleurement de grès et de cuirasses ferrugineuses. Leur épaisseur est très faible. La

difficulté de pénétration des racines et la pauvreté chimique confèrent à ces sols une valeur agronomique quasi nulle.

  • les vertisols occupent 0,4 % de la superficie. Ce sont des sols argileux de couleur sombre qui se fendillent à l’état sec. Bien que leurs caractéristiques rendent leur mise en valeur difficile, ils ont un potentiel  de production considérable.

Les types de sols rencontrés, leurs superficies ainsi que leur proportion sont présentés dans le tableau qui suit.

 Superficie et proportion des types de sols

 

Type de sol

 

Superficie (ha)

 

Proportion (%)

Sols Sesquioxydes et matière organique

 

1 548 272

 

61,3

Sols peu évolués

492 853

19,5

Sols Fersiallitiques

 

192 296

 

7,6

Sols hydromorphes

162 901

6,45

Sols à Mull

 

84 432

 

3,3

Sols minéraux bruts

34 759

1,4

Vertisols

 

10 961

 

0,4

Total

2 526 474

100 %

Source : BD/Sol, BUNASOL, (Classification ORSTOM, 1967)


La carte qui suit donne la localisation des types de sols dans la région.

Le phénomène de la dégradation des sols est une réalité dans la région des Hauts-Bassins. Les éléments suivants en sont la cause : sols sensibles à l’érosion, les fortes pentes du relief, la pression sur les espaces cultivables, la coupe abusive du bois, l’utilisation d’engrais chimiques non homologués.

Si rien n’est fait contre cette tendance de destruction du sol, l’on peut craindre un fort accroissement de la pression sur le sol du fait de la demande des produits agricoles en raison de l’expansion démographique ; ce qui accentuera la baisse de la fertilité des sols de même que l’accroissement du coefficient de ruissellement des sols. Il est donc nécessaire de gérer durablement les facteurs de production (dont le sol et l’eau) aux fins d’inverser cette tendance de dégradation accélérée des ressources naturelles.

 

Production agro-sylvo-pastorale

Ce secteur porte sur l’agriculture, l’élevage, la pêche, la chasse et la sylviculture.


 

Agriculture


L’agriculture est la principale activité de production au Burkina Faso. L’économie de la région des

Hauts-Bassins est fortement dominée par les activités agro-sylvo-pastorales.

Systèmes de production sur les terres non aménagées

La région des  Hauts-Bassins est une zone agricole par excellence qui bénéficie d’une bonne pluviométrie et dispose de sols d’une bonne aptitude à supporter plusieurs types de cultures.

Les meilleurs sols se situent en grande partie dans les provinces du Kénédougou et du Houet. La province du Tuy est celle qui dispose de moins de superficies propres à l’agriculture. Toute stratégie de

développement économique de la région basée sur l’agriculture devra nécessairement avoir une dimension de restauration des sols sur plus de la moitié des terres de la région.

L’activité agricole connait un essai de modernisation par endroit. Cependant, elle reste une agriculture de type pluviale essentiellement tournée vers les cultures céréalières.

Elle est pratiquée par plus de 75% de la population de la région qui est essentiellement rurale. Elle est également tributaire de la pluviométrie qui est en moyenne comprise entre 800 à 1500 mm/an. La hauteur d’eau tombée (en mm) la plus élevée des dix (10) dernières années a été enregistrée en 2010 avec 1 545 mm et la plus faible en 2017 avec 933,8 mm.

Les principales cultures pratiquées dans la région des Hauts-Bassins sont :

  • les cultures céréalières : le mil, le sorgho, le maïs et le riz ;
  • les cultures de rente : le coton, l’arachide, le sésame et le soja ;
  • les cultures maraîchères : le haricot vert, l’oignon, l’aubergine, la tomate, la pomme de terre, le

chou, la pastèque, le piment, le gombo, la carotte, l’ail, le poivron et la laitue.

Système de production dans les bas-fonds aménagés

La région des Hauts-Bassins compte cent-quarante (140) bas-fonds aménagés d’une superficie de 8 065,5 ha et vingt-sept (27) bas-fonds potentiellement aménageables d’une superficie de 4 190 ha.


Situation des bas-fonds dans la région des Hauts-Bassins en 2016

 

 

 

Bas-fonds aménageables

 

 

Bas-fonds aménagés

 

 

Province

 

 

Superficie

 

 

 

Etat d’occupation

 

 

 

Nombre

 

Nombre

 

Superficie (ha)

(ha)

et de production

 

 

 

 

 

Houet

9

2 280

56

3 176

Production réalisée

 

Kénédougou

11

1 100

32

3 212

Production réalisée

 

Tuy

7

810

52

1 677,5

Production réalisée

 

Région

 

27

 

4 190

 

140

 

8 065,5

 

Production réalisée

 

Source : DRAAH/HBS, Octobre 2017


Sur les sites aménagés, les cultures de contre saison telles que la tomate, les choux, les oignons, le poivron, le gombo, les aubergines et la carotte y sont pratiquées. Au début des années 1985, l’Etat a entrepris une politique de construction de retenues d’eau dans l’optique de développer la petite irrigation villageoise en milieu rural. Ce qui explique l’abondance des plans d’eau dans la région. Cette situation a donc favorisé le développement à grande échelle des cultures maraîchères pour suppléer l’agriculture qui est généralement d’autosubsistance. La culture maraîchère, activité très pratiquée dans les trois (03) provinces de la région constitue une source non négligeable de revenus et d’emplois pour les populations locales en saison sèche. Malheureusement, la majorité des plans d’eau tarissent souvent même avant fin avril.



S’agissant de la province du Houet, il ressort que les productions maraîchères ont évolué en dents de scie. Le volume de productions de certaines spéculations a augmenté  entre 2012 et 2016 (tomate, oignon, poivron), tandis que d’autres ont vu leur volume baisser (choux, gombo, aubergine).

Concernant la province du Tuy, les données disponibles portent sur deux (2) années, et il ressort également une évolution en dents de scie du volume de production.

Les principales difficultés enregistrées dans la pratique du maraîchage sont relatives à la production, à la commercialisation, à la conservation et à l’accès au crédit. Pour ce qui est de la conservation, il n’existe aucune unité de transformation dans la région dont la présence permettrait de valoriser davantage les produits et de résorber les problèmes liés surtout à leur pourrissement, à leur mévente et à leur rareté à certaines périodes de l’année.


Productions céréalières

A l’image des autres localités du pays, les céréales constituent la base de l’alimentation de la population des Hauts-Bassins. De ce fait, une place de choix est accordée à leur culture. Le bilan céréalier est construit sur l’hypothèse d’une consommation moyenne de cent-quatre-vingt-dix (190) kg de céréales par personne et par an.

Les principales spéculations agricoles sont le maïs, le sorgho, le mil et le riz. Dans l’ensemble, les

superficies emblavées ont évolué passant de 442 151 ha en 2012 à 462 456 ha en 2016 avec une hausse en 2014 (483 375 ha). Pour la même  période, on constate une évolution en dents de scie (excédentaire et déficitaire) d’une saison à l’autre en ce qui concerne les productions.

La meilleure production céréalière de ces cinq (5) dernières années a été enregistrée en 2015 avec 861 522 tonnes de céréales contre 722 133 tonnes en 2014. L’engouement est plus orienté vers la culture du maïs et du sorgho par les producteurs de la région. Le mil et le riz occupent de faibles superficies.

Les rendements à l’hectare varient d’une année à l’autre. Ils sont fonction de la pluviométrie en général et particulièrement de sa répartition spatio-temporelle, mais aussi des techniques culturales utilisées. Les tableaux ci-dessous indiquent la situation de la production céréalière ainsi que le bilan céréalier des cinq (5) dernières années de la région.

Productions des cultures de rente

Les cultures de rente constituent un indicateur de premier plan pour mesurer la pénétration de la modernité dans l’agriculture traditionnelle. Elles sont destinées à la vente et procurent du même coup un revenu monétaire aux agriculteurs qui les pratiquent. Dans la catégorie des cultures de rente, on distingue respectivement et par ordre d’importance le coton, l’arachide, le sésame et dans une moindre mesure le soja.

La région des Hauts-Bassins est une zone de production cotonnière par excellence. La production cotonnière cumulée sur la période des cinq (05) dernières années est estimée à 1 475 885 tonnes. Celle de 2014 est la plus élevée avec 359 349 tonnes contre 248 947 tonnes réalisée en 2013 comme étant la plus faible courant la même période.

En somme, les productions des cultures de rente varient en dent de scie d’une année à une

autre. La plus forte production a été enregistrée en 2014, soit 419 779 tonnes et la plus faible en 2012 avec 291 540 tonnes.

La grande majorité des producteurs de la région utilisent des outils traditionnels et à très faible productivité agricole. Les bovins et les ânes sont utilisés par les producteurs comme animaux de trait. Le matériel d’attelage est constitué essentiellement de charrues bovines ou asines et des houes manga pour les labours et des charrettes asines pour le transport.

D’autres techniques telles que le zaï, les demi-lunes, les cordons pierreux, la rotation des cultures, les semis en ligne, la jachère et la production de la fumure organique existent dans la région. Toutefois, ces actions méritent d’être vulgarisées davantage en vue de mieux faire face aux aléas et effets des CC. En raison du coût élevé des intrants (engrais minéral et semences améliorées) et d’autres fertilisants, l’utilisation de la fumure organique demeure le choix des agriculteurs locaux.

 


 

Elevage


Effectifs et caractéristiques du cheptel

L’élevage est une activité essentielle dans la région des Hauts-Bassins. Celui-ci constitue une des principales sources de revenus de la population. Les systèmes de production dominants sont restés traditionnels avec pour conséquence une faible productivité des animaux. Les types d’élevage pratiqués sont entre autres l’élevage de transhumance, sédentaire extensif, sédentaire semi-intensif et sédentaire intensif. Dans l'ensemble des systèmes, le bétail joue un rôle d'épargne pour la population.

La région abrite un cheptel important et varié composé de bovins, d’ovins, de caprins, d’asins, de porcins et de volailles (poules et pintades). Le tableau qui suit donne plus de détails sur l’évolution des effectifs au cours des dernières années.

L’élevage est pratiqué aussi bien par les hommes que les femmes. Ces dernières bénéficient de crédits et de subventions pour la promotion de leurs activités. Les productions sont essentiellement destinées à la vente. Les animaux de trait sont principalement les bovins, les asins et les équins à cause de leur résistance aux durs travaux. De nos jours, l’élevage rencontre des difficultés du fait de l’insuffisance de zones de pâture et de couloirs de passage conduisant sur les parcs de vaccination, de la cherté des Sous-Produits Agro-Industrielles (SPAI), de l’insuffisance de points d’abreuvement adaptés et de l’absence d’un circuit de commercialisation bien organisé.

Les chiffres traduisent l'importance du potentiel en cheptel de la région des Hauts-Bassins. Malgré les aléas climatiques et structurels, ce secteur d'activité présente d'énormes potentialités de production animale.

Situation des abattages et exportations du bétail

Les bovins, les ovins, les caprins et les porcins sont abattus et leur viande commercialisée. Le nombre annuel des abattages contrôlés a connu un accroissement de 2012 à 2014 avant de connaitre une baisse en 2015 et 2016. Le nombre le plus élevé d’abattages contrôlés a été enregistré au cours de l'année 2014 avec 389 518 têtes et le plus faible a été obtenu en 2012 avec 274 501 têtes.

Principales épizooties

Les épizooties animales sont fréquentes dans la région et se répandent à cause de l’analphabétisme et

la réticence des éleveurs aux traitements et aux vaccinations. La persistance des différentes maladies animales s’explique en partie par l’insuffisance de parcs à vaccination. La situation sanitaire des animaux est marquée par la présence de maladies courantes telles la pasteurellose, les trypanosomoses, le charbon symptomatique, la peste, la fièvre aphteuse, le piétin, la variole aviaire et le mal de garrot.

 

Situation des équipements et aménagements pastoraux

La situation des infrastructures pastorales de la région se présente comme suit :

  • cent-soixante-trois (163) parcs à vaccination dont quatre-vingt (80) dans le Houet, quarantetrois (43) au Kénédougou et quarante (40) dans le Tuy ;
  • quatre (4) marchés à bétail dont trois (3) dans le Houet et un (1) au Tuy ;
  • quatre-vingt-dix-sept (97) puits et forages pastoraux, soit cinquante (50) au Houet, quinze (15) au Kénédougou et trente-deux (32) dans le Tuy ;
  • vingt-quatre (24) aires d’abattage dont quatre (4) dans le Houet, treize (13) au Kénédougou et sept (7) au Tuy ;
  • seize (16) pharmacies vétérinaires, soit onze (11) au Houet, deux (2) au Kénédougou et trois

(3) dans le Tuy.

A ces infrastructures, il faut ajouter l'existence de cinq (05) aires de pâture d'une superficie totale de deux mille (2 000) hectares. Le tableau ci-dessous présente la situation des infrastructures pastorales de la région.

 

L’insuffisance de parcs à vaccination, de puits/forages pour l’abreuvement des animaux, de zone de pâture et de piste à bétail handicape l’activité. La commercialisation se heurte quant à elle à l’insuffisance de marché à bétail et d’aire d’abattage.

En outre, la région des Hauts-Bassins dispose d’un réseau d’encadrement des pasteurs composé d’une Direction régionale et trois (03) Directions Provinciales des Ressources Animales et

Halieutiques, trente-trois (33) Zones d’Appui Technique d’Elevage (ZATE) et neufs (09) postes vétérinaires.

Organisation des éleveurs

Afin de promouvoir l’élevage, la région des Hauts-Bassins dispose de producteurs organisés en groupements afin de pouvoir mener à bien leurs activités. Il s’agit d’unions mixtes intervenant dans les filières lait, miel, bétail/viande, volaille locale et poules pondeuses.

Néanmoins, le secteur est confronté à la pollution et est aussi source de pollution et de nuisance. Les déchets de transformation des produits animaux entraînent des dommages sur l’environnement quand ils sont concentrés et non contrôlés. L’évacuation des effluents de tanneries, de même que les eaux usées des abattoirs et des laiteries, vers des eaux de surface aboutit à une détérioration des écosystèmes aquatiques. Elle altère aussi la qualité de l’eau de boisson, de même qu’elle est à l’origine de nuisances (mauvaise odeur).

 


Sylviculture


Les activités de reboisement sont importantes dans la région des Hauts-Bassins et sont faites dans un cadre de restauration des sites dégradés, de protection des berges le long de certains cours d'eaux.

Elles concernent les espèces exotiques comme l’Azadiracta indica, l’Eucalyptus camaldulensis, le Prosopis juliflora, l’Acacia senegal, l’Acacia nilotica et l’Acacia radiana. Ces espèces sont plantées pour le bois de service ou pour le fourrage. Au nombre des espèces fruitières dominantes, il y a le manguier, l’oranger, le bananier, le goyavier et le papayer.

Les services en charge de l'environnement, de l’économie verte et du CC aux différents niveaux (régional, provincial et communal), les projets et programmes, de même que les ONG et associations de développement encadrent les populations et mettent en œuvre des actions de Gestion Durable des Terres (GDT) en concertation avec les Collectivités territoriales. La production du bois de service n'est pas négligeable sur l’étendue du territoire régional.

 

 

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mardi, 07 janvier 2020 15:54

Ressources en eau

Écrit par

 

Source: Julio Von Gepetto


 

 


La région des Hauts-Bassins est l’une des plus drainées du Burkina Faso. Le réseau hydrographique est essentiellement composé du Mouhoun et de ses affluents dont les principaux sont la Dienkoa, le Guenako, le Kou et le Plandi. On y distingue les eaux souterraines et les eaux de surface.

  • Eaux souterraines

Les ressources en eaux souterraines sont abondantes et leur importance varie d’une zone à l’autre en fonction des facteurs géomorphologiques. Elles sont reparties entre les formations  sédimentaires à dominance gréseuse et les formations cristallines. L’épaisseur d’altération superficielle varie selon les endroits avec une moyenne de 25 mètres. On distingue deux (2) zones en matière d’eau souterraine : (i) la zone sédimentaire (Houet et Kénédougou), plus favorable à la constitution de nappes et (ii) la zone du « socle » sur laquelle se trouve le Tuy.

La zone de Bobo-Dioulasso abrite de très importants aquifères qui donnent naissance aux sources de Nasso qui alimentent toute la ville en eau de bonne qualité. Mais, la diminution du débit de ces sources (liée à la baisse tendancielle de la pluviométrie et à une moindre recharge dans les zones d’infiltration), les besoins grandissants de l’agglomération et de l’agriculture en aval de ces sources, la prolifération des sachets plastiques, l’urbanisation incontrôlée, l’industrialisation (eaux usées), l’ensablement font peser de lourdes menaces à court et moyen terme sur cette ressource en eau majeure. Des mesures de protection sont urgentes.

  • Eaux de surface

Les eaux de surface sont constituées par les cours d’eau naturels, les plans d’eau qui sont les ouvrages artificiels et les mares naturelles.

La région des Hauts-Bassins fait partie du bassin versant du Mouhoun et dispose de ressources en eau de surface assez importantes. Le principal fleuve est le Mouhoun qui compte parmi les cours d’eau pérennes du pays. Le Kou, l’un de ses principaux affluents se jette en aval du village de Samandéni à environ 13 km et en amont du bras de ruisseau qui alimente la mare aux hippopotames de Bala.

Le barrage le plus important de la région est celui de Samandéni situé dans la province du Houet (précisément dans la commune de Bama) avec une capacité de 1 050 000 000 de m3 et couvrira une surface inondée d'environ 200 km[1], un véritable lac artificiel. A ce jour, la région dispose de trente-neuf (39) barrages, vingt un (21) retenues d'eau (lacs, mares, boulis) avec une superficie aménageable de 739 ha2. Cela contribue beaucoup au développement des activités agro-sylvo-pastorales et surtout au maraichage.

Le caractère intermittent de certains cours d'eau couplé à leur ensablement continu, rendent difficile l'abreuvement du bétail et la pratique du maraîchage en saison sèche. La densité et le régime d'écoulement dépendent des eaux de pluie qui ont une répartition irrégulière dans le temps et dans l'espace. Ces cours d'eau constituent une potentialité non négligeable pour le développement des activités agro-sylvo-pastorales, fauniques et halieutiques de la région. Toutefois, ces cours d'eau peuvent constituer parfois des facteurs d'enclavement de certains villages surtout en saison pluvieuse.

Les CC se manifestent sur les eaux de surface par l’ensablement et l’assèchement précoce des cours d’eau limitant les activités agro-sylvo-pastorales, fauniques et halieutiques, la mort des poissons.

Aussi, les rejets des déchets industriels, des sachets plastiques, la mauvaise conception du pont Kou et les troncs d’arbres constituent des contraintes majeures pouvant provoquer l’envasement.

 

Source: Julio Von Gepetto

 

 

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