L’agriculture est la principale activité de production au Burkina Faso. L’économie de la région des

Hauts-Bassins est fortement dominée par les activités agro-sylvo-pastorales.

Systèmes de production sur les terres non aménagées

La région des  Hauts-Bassins est une zone agricole par excellence qui bénéficie d’une bonne pluviométrie et dispose de sols d’une bonne aptitude à supporter plusieurs types de cultures.

Les meilleurs sols se situent en grande partie dans les provinces du Kénédougou et du Houet. La province du Tuy est celle qui dispose de moins de superficies propres à l’agriculture. Toute stratégie de

développement économique de la région basée sur l’agriculture devra nécessairement avoir une dimension de restauration des sols sur plus de la moitié des terres de la région.

L’activité agricole connait un essai de modernisation par endroit. Cependant, elle reste une agriculture de type pluviale essentiellement tournée vers les cultures céréalières.

Elle est pratiquée par plus de 75% de la population de la région qui est essentiellement rurale. Elle est également tributaire de la pluviométrie qui est en moyenne comprise entre 800 à 1500 mm/an. La hauteur d’eau tombée (en mm) la plus élevée des dix (10) dernières années a été enregistrée en 2010 avec 1 545 mm et la plus faible en 2017 avec 933,8 mm.

Les principales cultures pratiquées dans la région des Hauts-Bassins sont :

  • les cultures céréalières : le mil, le sorgho, le maïs et le riz ;
  • les cultures de rente : le coton, l’arachide, le sésame et le soja ;
  • les cultures maraîchères : le haricot vert, l’oignon, l’aubergine, la tomate, la pomme de terre, le

chou, la pastèque, le piment, le gombo, la carotte, l’ail, le poivron et la laitue.

Système de production dans les bas-fonds aménagés

La région des Hauts-Bassins compte cent-quarante (140) bas-fonds aménagés d’une superficie de 8 065,5 ha et vingt-sept (27) bas-fonds potentiellement aménageables d’une superficie de 4 190 ha.

Sur les sites aménagés, les cultures de contre saison telles que la tomate, les choux, les oignons, le poivron, le gombo, les aubergines et la carotte y sont pratiquées. Au début des années 1985, l’Etat a entrepris une politique de construction de retenues d’eau dans l’optique de développer la petite irrigation villageoise en milieu rural. Ce qui explique l’abondance des plans d’eau dans la région. Cette situation a donc favorisé le développement à grande échelle des cultures maraîchères pour suppléer l’agriculture qui est généralement d’autosubsistance. La culture maraîchère, activité très pratiquée dans les trois (03) provinces de la région constitue une source non négligeable de revenus et d’emplois pour les populations locales en saison sèche. Malheureusement, la majorité des plans d’eau tarissent souvent même avant fin avril.

 


S’agissant de la province du Houet, il ressort que les productions maraîchères ont évolué en dents de scie. Le volume de productions de certaines spéculations a augmenté  entre 2012 et 2016 (tomate, oignon, poivron), tandis que d’autres ont vu leur volume baisser (choux, gombo, aubergine).

Concernant la province du Tuy, les données disponibles portent sur deux (2) années, et il ressort également une évolution en dents de scie du volume de production.

Les principales difficultés enregistrées dans la pratique du maraîchage sont relatives à la production, à la commercialisation, à la conservation et à l’accès au crédit. Pour ce qui est de la conservation, il n’existe aucune unité de transformation dans la région dont la présence permettrait de valoriser davantage les produits et de résorber les problèmes liés surtout à leur pourrissement, à leur mévente et à leur rareté à certaines périodes de l’année.


Productions céréalières

A l’image des autres localités du pays, les céréales constituent la base de l’alimentation de la population des Hauts-Bassins. De ce fait, une place de choix est accordée à leur culture. Le bilan céréalier est construit sur l’hypothèse d’une consommation moyenne de cent-quatre-vingt-dix (190) kg de céréales par personne et par an.

Les principales spéculations agricoles sont le maïs, le sorgho, le mil et le riz. Dans l’ensemble, les

superficies emblavées ont évolué passant de 442 151 ha en 2012 à 462 456 ha en 2016 avec une hausse en 2014 (483 375 ha). Pour la même  période, on constate une évolution en dents de scie (excédentaire et déficitaire) d’une saison à l’autre en ce qui concerne les productions.

La meilleure production céréalière de ces cinq (5) dernières années a été enregistrée en 2015 avec 861 522 tonnes de céréales contre 722 133 tonnes en 2014. L’engouement est plus orienté vers la culture du maïs et du sorgho par les producteurs de la région. Le mil et le riz occupent de faibles superficies.

Les rendements à l’hectare varient d’une année à l’autre. Ils sont fonction de la pluviométrie en général et particulièrement de sa répartition spatio-temporelle, mais aussi des techniques culturales utilisées. Les tableaux ci-dessous indiquent la situation de la production céréalière ainsi que le bilan céréalier des cinq (5) dernières années de la région.

Productions des cultures de rente

Les cultures de rente constituent un indicateur de premier plan pour mesurer la pénétration de la modernité dans l’agriculture traditionnelle. Elles sont destinées à la vente et procurent du même coup un revenu monétaire aux agriculteurs qui les pratiquent. Dans la catégorie des cultures de rente, on distingue respectivement et par ordre d’importance le coton, l’arachide, le sésame et dans une moindre mesure le soja.

La région des Hauts-Bassins est une zone de production cotonnière par excellence. La production cotonnière cumulée sur la période des cinq (05) dernières années est estimée à 1 475 885 tonnes. Celle de 2014 est la plus élevée avec 359 349 tonnes contre 248 947 tonnes réalisée en 2013 comme étant la plus faible courant la même période.

En somme, les productions des cultures de rente varient en dent de scie d’une année à une

autre. La plus forte production a été enregistrée en 2014, soit 419 779 tonnes et la plus faible en 2012 avec 291 540 tonnes.

La grande majorité des producteurs de la région utilisent des outils traditionnels et à très faible productivité agricole. Les bovins et les ânes sont utilisés par les producteurs comme animaux de trait. Le matériel d’attelage est constitué essentiellement de charrues bovines ou asines et des houes manga pour les labours et des charrettes asines pour le transport.

D’autres techniques telles que le zaï, les demi-lunes, les cordons pierreux, la rotation des cultures, les semis en ligne, la jachère et la production de la fumure organique existent dans la région. Toutefois, ces actions méritent d’être vulgarisées davantage en vue de mieux faire face aux aléas et effets des CC. En raison du coût élevé des intrants (engrais minéral et semences améliorées) et d’autres fertilisants, l’utilisation de la fumure organique demeure le choix des agriculteurs locaux.

 

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