Environnement 2

Source:Photo de Julio Von Gepetto


La végétation de type soudanien présente un développement important des espèces ligneuses formant des savanes boisées, des forêts galeries le long des cours d’eau avec un tapis herbacé constitué

essentiellement de formations herbeuses (Andropogon gayanus et Andropogon schirensis). Le tableau ci-dessous fait l’état des forêts classées de la région.

Tableau N°4 : Situation des forêts classées de la Région des Hauts Bassins

Province

Sup prov (ha)

Code

Nom

Sup forêt

(ha)

Sup totale

(ha)

Province

(%)

Région

(%)

Houet

1 154 828

13

Kua

279,09

57 667,22

4,99

2,25

14

Kuilima

4 378,47

16

Dan

4 347,20

9

Dindéresso

7 821,67

12

Kou

(guinguette)

35,17

15

Péni

1 105,20

3

RB Mare aux

Hyppotames

16 969,72

2

Téré

11 356,20

4

Maro

11 374,50

Tuy

562 162

 

Maro

41 847,01

134 039,42

23,84

5,24

7

Bansié

1 442,25

8

Bambou

1 142,46

6

Bouahoun

540,02

5

Dibon

23 407,60

10

Kappo

5 181,01

11

Mou

35 488,76

1

Tuy

24 990,31

Kénédougou

840 360

-

-

-

-

-

-

Source : PRD, 2010


 

La région compte seize (16) forêts classées reparties entre les provinces du Houet (09) et du Tuy (07) sur une superficie totale d’environ 190 574 hectares, offrant des possibilités d’exploitation de bois d’œuvre et de service seulement dans la forêt de Dinderesso. Deux (2) de ces aires (Mou et Dibon) sont concédées à des privés pour la gestion de la faune sauvage et la chasse. Il faut aussi mentionner les forêts communales, villageoises ainsi que les bosquets scolaires.

La composition floristique de ces formations végétales est très riche. Elle est constituée de

Butyrespernum parkii (karité), Parkia biglobosa (néré), Bombax costatum (kapokier rouge), Tamarindus Indica (tamarinier), Adansonia digitata (baobab), Anacardium occidentale (anacarde), Mangifera indica (manguier), Citrus limon (citronnier), Carica papaya /sp (papayer), Elaïs guineensis (palmier à huile), Psidium guajava (goyavier), Khaya senegalensis (cailcedrat), Cassia sennasiamea, Moringa oleifera (moringa), Acacia macrostachya, Balanites aegyptiaca, et d’Elacis guinensis.

D’autres espèces naturelles sont introduites par les services en charge de l’environnement. Il s’agit

des tecks (Tectona grandis), des eucalyptus (Eucalyptus camaldulensis), des neems. La zone comporte également des forêts galeries éparses dans le périmètre de Nasso-Guinguette constituées de plus de 250 essences dont une grande partie joue un rôle important dans la pharmacopée locale.

Certaines essences particulièrement recherchées, comme Rauvolfia vomitoria et Moghania faginea dont les extraits servent notamment dans le traitement de l'hypertension sont menacées de surexploitation dans la région[1].

Les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) sont les fruits, graines, feuilles, fleurs, tiges, écorces, racines, sève, exsudats, etc. Les principales espèces concernées sont le karité, le tamarinier, le kapokier rouge, les feuilles et fruits du baobab, etc.

Les principales contraintes relatives aux ressources forestières de la zone sont les suivantes :

  • l’érosion par ravinement qui déracine les arbres situés à proximité ;
  • la persistance de la coupe abusive du bois pour la satisfaction des besoins en bois énergie

(bois  et charbon), bois de service, bois d’œuvre, alimentation, etc. ;

  • les activités agricoles avec le défrichement de superficies de plus en plus importantes ;
  • le nombre croissant d’animaux en saison hivernale qui mettent en péril la régénération naturelle et la réussite des actions de reboisement;
  • les effets néfastes du changement climatiques (sècheresse, mauvaise répartition des pluies, forte évapotranspiration) qui ne favorisent pas la régénération naturelle.

Les conséquences de ces facteurs de dégradation sont un accroissement de la proportion d’espaces à faible densité de végétation et des sols entièrement dénudés.

 

[1] UICN, 1994


La faune


Source: Photo de Tétraktys


La faune de la région des Hauts-Bassins se compose de trois (03) grandes classes d’animaux :

  • les mammifères: Loxodanta africana (éléphant), Syvicapra grimmia, Hippotragus equinos (antilope), Lepus lapensis (lièvre), phacochoerus africanus (phacochère), Tragelaphus scriptus, Ourebia ourebi (ourebi), erythrocebus patas (singes), Xerus erythropus (écureuil), Canis adistus (loup) ;
  • les oiseaux: Francolinus bicalcaratus (francolin), Numida melegris (pintade), Ptilopachus petrosus (poulette de roche), Bubulcus bis (héron garde-bœufs), Actitis hypoleucos (chevalier guignettes), Glaucidium perlatum (chevêchettes perlées), Cinnyris pulchellus (souimanga), Ploceus velatus (tisserins à tête rousse), etc. les reptiles

Il faut noter que la région compte quelques aires de protection de la faune (Cf. tableau ci-dessous) et une concession de chasse (la Mou) d’une superficie de plus de 35 000 ha à Koumbia dans la province du Tuy.


Situation des aires de protection de la faune dans la région

 

Localisation

Aire classée

Superficie

(ha)

Date de création

Observations

Houet

Dindéresso

8 500

-422/SE du 27 février 1936

-3006/SE/E du 26 août 1941

 

Kuinima

2 150

421/SE du 27 février  1936

Mare aux hippopotames

19 200

836/SE du 26 mars 1936

Réserve de la biosphère et aire de faune

Kua

350

891/SE du 27 avril 1936

 

Kou

117

190/GF du 13 janvier  1951

Dan

4 300

5765/SE du 03 août 1953

Aire de faune

Péni

1 200

3389/SE/F du 24 sept. 1942

 

Téré

10 700

8314/SE/F du 23 nov. 1951

 

Tuy

Bahon

1 600

836/SE du 26 mars 1937

 

Bambou

1 800

836/SE du 26 mars 1937

 

Bansié

300

836/SE du 26 mars 1937

 

Dibon

24 000

4637/SE/F du 24 juin 1954

 

Kapo

9 900

836/SE du 26 mars 1937

 

La Mou

35 000

3406/SE du 20 octobre 1938

Aire de faune

Maro

50 000

116/SE du 28 janvier 1940

 

Tuy

50 000

115/SE du 17 janvier 1940

 

Source : DREEVCC_HBS, décembre 2017


Une relative concentration de la faune est observée dans la partie sud. Le potentiel faunique est à la base du développement de la chasse et du tourisme de vision en plein essor dans la région.

La campagne d’exploitation faunique 2016-2017 s’est dans l’ensemble bien déroulée en dépit des contraintes liées à l’insécurité qui a conduit de nombreux touristes à annuler leur voyage au Burkina Faso.

Les résultats obtenus sont la réalisation de cent-cinquante-neuf (159) sorties de contrôle par les acteurs, la délivrance de cinquante-deux (52) permis d’exploitation de la faune, la sensibilisation de quatre-cent-trente-neuf (439) personnes. Le total des recettes recouvrées au cours de cette campagne est de neuf cent soixante-trois mille (963 000) FCFA.

Notons que la rareté de cours d’eau permanents influe négativement sur la disponibilité des ressources halieutiques. Ce faisant, les ressources halieutiques se composent essentiellement de silures, de poisson-cheval, de tilapia, de sardines, de crocodiles et de varan du Nil.

Cette situation explique en partie la faible pratique de l’activité de pêche dans la région. Toutefois, on

y distingue la pêche de subsistance, la pêche commerciale, la pêche traditionnelle et dans une moindre mesure la pêche sportive.