Elevage

 



  Elevage

 L’activité d’élevage est très développée dans la région du Nord et vient en deuxième positition après l’agriculture parmi les activités de production économique. La province du Yatenga se révèle être une importante zone d’élevage de sorte que c’est cette province qui dispose d’une zone pastorale crée par l’Etat. A l’image de l’ensemble du Burkina, l’élevage dans la région est de type extensif avec les troupeaux d’animaux exploitant essentiellement le fourrage naturel dans les parcours, ressources en eau, cures salées et très peu d’apports de compléments alimentaires.

Cheptel de la région

 Lecheptel de la région du Nord se compose essentiellement de Bovins, de caprins, de porcins, de camelins et de la volaille.En ce qui concerne le bétail, en 2016, la région du Nord comptait431 672 têtes de bovins, 976 850 têtes d’ovins, 1 321 819 têtes de caprins, 141 399 têtes de porcins et 2336 têtes de camelins.

La filière volaille est largement dominée par les poules et les pintades; cependant, on note une importante population de dindons dans la province du Loroum. Outre la chaire, la filière génère des millions d’œufs. L’aviculture pourrait être considérée comme une filière porteuse pour la région du nord. En effet, certains programmes de développement tels le PAFASP et le PROFIL, l’ont par ailleurs identifiée comme filière importante dans leur intervention car générantd’importants revenus au profit des femmes et des jeunes de la région. Le système de production est essentiellement extensif.

Equipements pastoraux

 La région du Nord dispose de quelques équipements pastoraux qui contribuent au développement de la production animale et l’amélioration des conditions d’exploitation des produits d’élevage. On y distingue 11 puits pastoraux, 45 parcs à vaccination métalliques, 13 marchés à bétail et 4 abatoirs. Parmi les 13 marchés à bétail, celui de Youba est reconnu au plan national et est le 5ème marché national de bovins après Pouytenga, Bobo, Fada N'gourma et Ouaga. En outre, il est égalementle 5ème marché national de caprins après Tanghin, Bobo, Bitou et Pouytenga. Enfin, il est le 3ème marché national des ovins du Burkina Faso.

 Au plan du matériel de froid, la structure technique régionale possède onze réfrigérateursdont sixen bonétat(2 au Yatenga, 3 au Passoré, 3 dans le Loroum et 5 dans le Zondoma). Cette situation ne favorise pas letravail de prophylaxie du fait de l’impossibilité bien conserver en grande échelle les produits vétérinaires et en particulier les vaccins. La région dispose également de 3 mini laiteries, 51 tanneries, 8 magasins d’intrants zootechniques.

Santé animale

 L’état sanitaire du cheptel dans la région du Nord s’est amélioré en raison de la mise en œuvre de programmes réguliers de vaccination et de traitement du cheptel contre les différentes affections. Ainsi en 2016, les principales pathologies animales(les plus fréquentes) qui font l’objet de campagnes régulières de vaccination sont par ordre d’importance la péripneumonie contagieuse,Pasteurelloseet Charbon symptomatique en ce qui concerne les bovins et la pasteurellose pour les petits ruminants (ovins et caprins). Quant à la volaille, en particulier les pintadeaux la principale pathologie animale est la pseudo-peste aviaire.

 Poduits de l’élevage

 Dans la région du Nord quatre (4) types d’exploitation du cheptel existent :la production de viande, la commercialisation des produits d’élevage, la production des cuirs et peaux et la production de lait.

 Production de la viande

 Les effectifs du cheptel sont en priorité considérés comme une forme d’épargne car l’élevage est plus contemplatif que destiné à servir le marché. Toutefois, des prélèvements sont régulièrement effectués pour permettre à l’éleveur de répondre à des besoins financiers précis (soins des animaux, achat de céréales, frais de scolarité, etc.).

Les ventes concernentgénéralement les animaux âgés, malades ou blessés, etc. les bouchers assurent l’abattage et la mise en vente sur le marché. Cependant, avant la mise en vente, les abattages sont contrôlés par les services vétérinaires.

  Commercialisation des produits d’élevage sur les marchés intérieurs et extérieurs

 Le bétail constitue une desprincipales sources de revenus de la population rurale et le premier produit d’exportation de la région. Il constitue une grande richesse car contribuant pour près de 58,3% au revenu des ménages de la région (SANDWIDI M.R. (1998). En outre, cette activité génère annuellement plus de 10 milliards de FCFA au profit de la région ; ces revenus sont surtout dus à la vente des gros ruminants.

Dans ce sens, il faut souligner dans un premier temps qu’une partie du gros bétail de la région du nord est destinée à la

commercialisation au niveau du marché intérieur à travers les 13 marchés de bétail construits dans la région du Nord notamment le grand marché àbétail de Youba reconnu au plan national et hors du pays (acheteurs venant du Mali, du Ghana et de la Côte d’Ivoire).

Dans un second temps, les éleveurs de la région du nord exportent les petits et les gros ruminants vers les grands centres urbains (Ouagadougou, Bobo) et les pays côtiers (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin). Les animaux conduits hors du pays pour la vente sont ceux qui sont en très bonne santé.En l’absence de données officilelles sur les exportations de bovins, de caprins et d’ovins venant de la région du Nord, les services techniques en charge de l’élevage estiment que leur nombre croit d’année en année depuis 2012.

 Production des peaux et cuirs

Les bovins sont en général utilisés pour la production du cuir tandis que les caprins et ovins pour leur peau. Cetteproduction est très importante pour les caprins. En effet, les caprins sont les moins vendus aux marchés extérieurs, leur élevage servant en grande partie à la consommation familiale et aux marchés intérieurs. La gestion des peaux et cuirs relève des bouchers, qui les expédie vers la capitale par leurs propres moyens. Les services de l’élevage ne disposent donc pas de statistiques fiables en la matière.

 Poduction de lait

 La production laitière dans la région est importante principalement en saison pluvieuse. Une partie de la production est commercialisée auprès des populations (consommation familiale), mais également au niveau des laiteries qui la transforment en divers produits que sont le lait pasteurisé, le lait caillé et le beurre.La production de lait est assurée par deux mini laiteries installées à Ouahigouya et une unité installée à Gourcy avec l’appui de l’ONG CISV. Ces unités transforment 6 000 à 7 000 litres de lait par mois selon les statistiques de l’élevage.

Organisation des acteurs

 Les populations qui s’intéressent à l’activité d’élevage se sont organisées en filières. Il s’agit : la filière bétail/viande, la filière lait, la filière porcine, la filière avicole. Toutes ces filères ont besoins d’une redynamisation pour permettre aux acteurs concernés de jouer pleinement les rôleset de permette au secteur élevage de contribuer durablement à la formation des revenus des éleveurs et à la production de la richesse nationale (PIB).

Malgré les atouts ci-dessus décrits, il existe des contrainte au développement de l’élevage dont les principales sont l’insuffisance et la pauvreté des pâturages, l’obstruction des pistes à bétail et des couloirs de passage du fait de la pression foncière, l’insuffisance des points d’eau d’abreuvement, les conflits pour l’exploitation des ressources naturelles, le manque de foires dans la région pour la promotion des activités pastorales, les productions halieutiques et fauniques et la faiblesse du niveau d’application des normes et techniques de productions fourragères par les populations notamment les éleveurs.

 

[1]Source : SDAU, novembre 2012