La Boucle du Mouhoun

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Boucle du Mouhoun : Le Programme d’investissement forestier (PIF) présente ses réalisations aux journalistes

Dans le cadre de la mise en œuvre de ses activités, le Programme d’investissement forestier (PIF) a organisé une caravane de presse du 16 au 21 décembre 2019. L’objectif était de présenter aux journalistes les réalisations des Projets de développement intégrés communaux (PDIC), dont la finalité est la Réduction des émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+).

Les réalisations du PDIC/REDD+ sont perceptibles dans les communes de Tchériba et de Boromo, dans la province des Balé, région de la Boucle du Mouhoun. Au titre de ces réalisations, on peut noter l’identification d’espaces de conservation, l’implantation d’infrastructures d’appui au développement local (parcs de vaccination, jardins maraîchers, points d’eau, bas-fonds), les activités de reboisement et de restauration des sols dans les espaces de conservation, les activités génératrices de revenus.

Ainsi, dans la commune de Tchériba, les hommes et femmes de média ont pu visiter le site de récupération de terres dégradées. Ainsi, 75 hectares de forêt villageoise dans le village de Banouba et 10 hectares à Tierkou et Dourougou ont pu être récupérés grâce au Projet de gestion décentralisée des forêts et des espaces boisés.

A ce sujet, le 1er adjoint au maire, Yacouba Dissa, a exprimé sa reconnaissance au PIF pour son accompagnement. Pour lui, « l’accroissement de la population créera un manque d’espace et pour cela, il faut travailler à récupérer les espaces dégradés pour ne pas les perdre définitivement ».

De ce fait, dira-t-il, « les forêts classées apportent des bénéfices et la commune souhaite augmenter le nombre pour sauvegarder la végétation dont chacun connaît l’importance ». Pour Yacouba Dissa, la région étant également une zone d’élevage, la commune a opté pour les forages pastoraux, car l’importance de l’eau pour le cheptel et les terres n’est plus à démontrer.

Par ailleurs, à Banouba, une opération de conservation des terres par les cordons pierreux a été réalisée dans le cadre du Projet d’investissement forestier. L’opération de conservation consiste au choix d’un lieu où la végétation est pauvre et qui doit être renforcée.

Cela a ainsi permis, dans un premier temps, selon monsieur Gnomou, responsable des services de l’environnement, de mettre en terre 28 000 plants sur 10 hectares (acacias nilotica) et, dans un second temps, d’établir un cordon pierreux qui permet le dépôt des sédiments de terre sur lesquelles la végétation peut se reconstituer progressivement. Aussi, la technique du cordon pierreux permet le ralentissement des eaux de ruissellement et la terre qui est décapée en amont stagne en aval. Cette technique permet ainsi de récupérer la terre qui se dégrade au fur et à mesure.

Boromo déterminée à mieux s’adapter au changement climatique

Située à 175 km de Ouagadougou sur la route nationale N°1, la commune de Boromo est composée de quatre secteurs et de huit villages. Au sein de la commune, des espaces de conservation subissent des pressions à savoir la coupe anarchique du bois, l’orpaillage, le surpâturage des animaux, les défrichements anarchiques et les feux de brousse.

Ainsi, dans le cadre du PDIC/REDD+, des actions concrètes sont entreprises en vue de la réhabilitation des espaces de conversation et le rétablissement du couvert forestier de la commune. Ainsi, les hommes de média ont pu visiter un espace de conservation, un parc à vaccination et une piste à bétail qui ont été réalisés pour une meilleure régénération de la couverture végétale et pour augmenter la capacité de séquestration du carbone tout en contribuant à la réduction de la pauvreté des populations.

Sur la base des orientations du PIF, ce sont trois espaces de conservation qui ont été retenus dont le bosquet villageois de Virou, qui s’étend sur une superficie de 3 hectares. 700 plants y ont été mis en terre, pour un coût de 6 millions de F CFA. Les bosquets villageois de Lapara et de Wako, avec 2 hectares d’aire, ont connu les mêmes aménagements.

Selon Yéléfo Neya, membre du comité de gestion, « ces vergers seront source d’intérêt socio-économique à travers l’exploitation des produits forestiers non-ligneux, et contribueront à réduire les pressions sur le bosquet, favorisant ainsi son enrichissement. Le bosquet, tout comme le verger, permettra de renforcer le couvert végétal de la commune et, partant, la séquestration du carbone ».

La pauvreté et la surpopulation restent des facteurs non-négligeables qui favorisent les pratiques illégales sur les ressources naturelles. C’est pourquoi, dans le but d’occuper les populations, le programme a réalisé, dans les villages de Virou et de Lapara, deux pistes à bétail de 2 km. A Wako, c’est aussi une piste à bétail de 2 km qui a été réalisée, en plus des parcs de vaccination.

Toutes ces infrastructures ont été présentées aux journalistes. Réalisé à 7 millions de F CFA, chaque parc peut contenir 300 bêtes et près de 1 000 têtes peuvent y être vaccinées. Avant la réalisation de ces infrastructures, la commune ne disposait que de quatre parcs de vaccination fonctionnels, mais dans un état passable. Ils sont localisés à Ouahabou, Boromo-ville, Nanou et Ouroubonou. Ces parcs sont difficilement accessibles en période pluvieuse, du fait de la production agricole.

Pour le 1er adjoint au maire, Souleymane Guira, l’accompagnement du PDIC/REDD+ à la commune est très positif. « C’est un véritable ouf de soulagement pour les responsables municipaux, car maintenant, on peut empêcher les populations d’aller vers la forêt en leur proposant de quoi s’occuper », se réjouit l’élu.

Juste Ephrem ZIO
Lefaso.net