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Humanitaire : Les syndicats du ministère de l’Economie et des finances solidaires des déplacés internes

Une fois n’est pas coutume. Loin des joutes oratoires sur l’application de l’Impôt unique sur les traitements et Salaires (IUTS) sur les primes et indemnités – ce sujet qui cristallise l’attention des acteurs sociaux – la Coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie, des Finances et du développement (CS-MEF) se « lance » dans l’humanitaire. Ses premiers responsables ont signé, ce vendredi 17 janvier 2020, à Ouagadougou, une convention avec l’Association burkinabè d’assistance et de secours populaire (ABASSEP) pour la mise en œuvre d’actions au profit des personnes déplacées internes dans les régions du Sahel, du Centre-nord et de l’Est.

La crise sécuritaire que vit le Burkina Faso, occasionnant le déplacement de dizaines de milliers de personnes dans plusieurs régions, inquiète plus d’un. Les agents du ministère de l’Economie, des finances et du développement, sensibles à la situation de ces personnes qui ont fui leurs terres, maisons, biens et récoltes en quête de sécurité, ont décidé de laisser parler leurs cœurs. A l’issue d’une collecte de fonds lancée depuis septembre 2019 auprès de 9 000 agents – ceux-ci ont donné entre 5 000 et 25 000 F CFA – la coordination des syndicats dudit ministère a réussi à mobiliser un montant de 150 millions de francs CFA.

Cette somme permettra d’apporter un nouveau souffle aux déplacés grâce aux actions qui seront mises en œuvre par l’Association burkinabè d’assistance et de secours populaire (ABASSEP) sous l’œil « vigilant » du Réseau national de lutte anti-corruption. Une convention réunissant l’ensemble des acteurs a été signée, vendredi à la Bourse du Travail.

Une vue des journalistes et membres de la coordination

Des vivres, forages, latrines, kits scolaires, etc.

Selon le président du mois de la coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie et des finances, Mohamed Sawadogo, il est prévu pour le volet sécurité alimentaire, une distribution de vivres pré- ou semi-transformés (farines, riz), des condiments de cuisine (sel, poissons, soumbala) et articles ménagers à 1 000 ménages, d’aliments enrichis aux enfants de moins de 5 ans.

Pour ce qui est de l’Eau-hygiène et assainissement, le projet prévoit la construction de 5 blocs de 10 latrines et de 2 forages motorisés, alimentés par des plaques solaires.

L’éducation, la formation professionnelle n’ont pas été oubliés dans ce plan d’actions. En effet, selon Mohamed Sawadogo, le projet prévoit le paiement des frais d’inscription aux cours du soir pour 400 élèves, la formation de 100 jeunes aux métiers de la soudure, de la mécanique, de la menuiserie, etc.

Mohamed Sawadogo, président du mois de la Coordination des syndicats du ministère de l’économie et des finances

Des séances de sensibilisation sur les droits humains, la cohésion sociale, l’hygiène, la santé de la reproduction et bien d’autres sujets seront menées à l’endroit des déplacés, a rassuré Mohamed Sawadogo.

« Ce n’est pas un manque de confiance »

Pourquoi le choix de l’Association burkinabè d’assistance et de secours populaire (ABASSEP), pour la mise en œuvre des actions et pas le ministère en charge de la solidarité nationale ? A cette question, les responsables du CS-MEF ont laissé entendre que cette structure qui œuvre dans le domaine de l’humanitaire a fait ses preuves sur le terrain et est d’ailleurs reconnue par le ministère en charge de la solidarité. « Ce n’est pas un manque de confiance que nous avons envers les autorités. L’essentiel pour nous, c’est d’atteindre les personnes déplacées internes », estime le président de la coordination des syndicats.

La transparence promise

De son côté, le président de ABASSEF, Séni Kouanda, a salué cette démarche de la CS-MEF d’aller vers une structure nationale parce que, « la plupart du temps quand il y a une crise humanitaire, ce sont les mêmes ONG internationales qui interviennent. Il est temps que les ONG nationales puissent jouer leur rôle ». Même si les actions sont prévues pour s’étendre sur six mois, M. Kouanda a fait remarquer que l’impact de ces actions se fera ressentir sur le long terme auprès des populations. En attendant, il a rassuré les acteurs que la convention et le plan d’intervention seront exécutées « en toute transparence dans le respect et la dignité et des droits des personnes bénéficiaires ». Il a enfin invité les autres structures syndicales à emboiter le pas des syndicats du ministère de l’Economie et des finances car « chacun de nous est un déplacé interne en sursis ».

Séni Kouanda, président de l’Association burkinabè d’Assistance et de Secours populaire (ABASSEP) promis la transparence dans la mise en oeuvre

Les actions devraient débuter à partir du lundi 20 janvier. Et au sein de la coordination des syndicats, l’on espère que les actions seront concluantes à l’issue des six mois. « Notre souhait n’est pas que cette crise perdure », souligne Mohamed Sawadogo, qui note que la réussite du projet pourrait constituer une source de motivation pour les travailleurs à mettre la main de nouveau à la poche pour d’autres actions.

En rappel, la Coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie et des finances (CS-MEF) comprend les syndicats suivants : le Syndicat autonome des Agents du Trésor du Burkina (SATB), le Syndicat national des Agents des Impôts et des Domaines (SNAID), le Syndicat national des Travailleurs des Douanes (SYNATRAD), le Syndicat national des Travailleurs de la Planification et de la Coopération (SYNTPC), le Syndicat national des Agents des Finances (SYNAF), le Comité CGT-B/ENAREF, le Syndicat national des Statisticiens et Démographes du Burkina (SYNASDB).

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net