Services sociaux de base


Enseignement



  • Le préscolaire


 

Au cours de l’année scolaire 2015/16, on dénombre 142 structures d’encadrement. Par statut, on a cinq (05) structures publiques, 13 privées et 124 communautaires. Suivant le type, 38 de ces structures sont formelles et les 104 autres non formelles (DR-INSD, 2016).

De 2010/11 à 2015/16, les effectifs des élèves au préscolaire sont passés de 4 296 dont 48,67% de filles à 5 156 dont 50,97% de filles.

De façon générale, le préscolaire reste un luxe aux yeux de la majorité des populations qui pensent que cet ordre d’enseignement est principalement réservé aux enfants issus de familles aisées situées généralement en milieu urbain ou semi urbain, d’où la nécessité de poursuivre les sensibilisations.

 


  • L’enseignement primaire


 

 

En 2015/16, le Centre-Nord comptait 1 228 écoles, soient 1 034 publiques et 194 privées. La répartition par province laisse ressortir 302 écoles pour le Bam, 322 pour le Namentenga et 604 pour le Sanmatenga.

Les effectifs totaux des élèves de la région sont passés de 162 627 en 2010/11 à 225 550 en 2015/16, soit une progression moyenne annuelle de 6,45%. La répartition par province montre que le Sanmatenga enregistre 53,18% des effectifs, suivi du Bam (26,05%) et enfin le Namentenga (20,77%) au cours de l’année scolaire 2015/16 (MENA, 2017).

Le ratio élève/classe en 2015/16 était de 51,45 dans le Bam, de 39,29 dans le Namentenga et de 55,69 dans le Sanmatenga. La moyenne régionale est de 50,26 ; ce qui dénote d’une faiblesse des effectifs dans les écoles publiques. Cependant, il faut relever que cela cache des disparités entre les agglomérations (chefs-lieux de commune) où le ratio est généralement plus élevé et le milieu rural où il est relativement moins important.

L’évolution des effectifs du personnel enseignant a suivi celle des salles de classe, passant ainsi de 3 398 au cours de l’année scolaire 2010/11 à 4 845 en 2015/16. Les femmes représentent 55,13% de ces effectifs et servent principalement dans le Sanmatenga (46,76%).

 


  • L’enseignement post-primaire et secondaire


 

De 2010/11 à 2015/16, le nombre d’établissements a plus que triplé, passant de 69 à 226. Cette croissance fulgurante s’explique principalement par la mise en place du continuum qui a occasionné la création de plusieurs établissements pour accroître l’offre éducative. Toutefois, plus de la moitié de ces établissements est concentrée dans la province du Sanmantenga (53,10%) et plus d’un tiers (36,73%) se trouve dans les trois (03) chefs-lieux de province avec plus de la moitié (51,81%) dans la commune de Kaya (DR-INSD, 2016).

En 2015/16, la région comptait au total 1 096 salles de classe dont plus du tiers (34,67%) dans le privé. Les effectifs des élèves se pointaient à 63 179 dont 31,66% de filles. Le personnel enseignant est estimé à 2 096 dont 16,32% de femmes. Le TBS global quant à lui, se situait à 34,1%, légèrement en-dessous de celui des filles (34,5%).

Le TBS au secondaire quant à lui, a évolué en hausse, passant de 5,6% en 2011/12 à 9,1% en 2015/16. Celui des filles a aussi suivi cette tendance même s’il reste largement en-dessous.

 

 


  • L’enseignement supérieur


 

 

Ecole supérieure polytechnique de Kaya (ESPK)

 

Le Centre-Nord dispose d’une école privée dénommée Ecole supérieure polytechnique de Kaya (ESPK). Elle compte quatre (04) filières dont : (i) le génie civil, (ii) le génie électrique et informatique industrielle, (iii) le génie hydraulique rurale et (iv) le marketing, gestion commerciale et finance comptabilité. En 2015/16, cette institution comptait 122 étudiants dont 14,75% de filles.

On note également l’ouverture en 2018 d’un centre universitaire polytechnique public à Kaya avec trois (03) filières que sont la licence maths/physique et informatique, la licence professionnelle en statistique et informatique appliquée à l’économie ainsi que la licence professionnelle en comptabilité - contrôle - audit.

 


  • L’éducation non formelle


L’éducation non formelle a connu une baisse drastique dans la région comme l’indique les statistiques. En effet, de 1 531 centres fonctionnels en 2010/11, on est passé à 1 220 en 2011/12, pour se situer à 392 durant la campagne 2015/16. Les effectifs des inscrits ont aussi suivi cette évolution.

Le taux d’alphabétisation dans la région demeure faible, soit 24,9% contre 34,6% au niveau national[1].

 


Emploi et formation professionnelle


Par rapport à l’activité économique et les résultats du RGPH 2006, on distingue, deux (02) catégories de populations à savoir les actifs et les inactifs. Dans la région, les personnes âgées de 15 ans ou plus (susceptibles d’occuper un emploi) sont estimées à 977 614 habitants composées de 697 594 actifs et 274 467 inactifs soit 74,9% d’actifs. Environ 7 personnes sur 10 de ces actifs sont occupées (71,4%).

Pour ce qui est des adultes, 84% des personnes âgées de 15 ans et plus sont des actifs. Cette proportion est de 86,2% pour les personnes âgées de 15 à 64 ans. La proportion des hommes de plus de 15 ans est plus élevée (90,3%) que celle des femmes (79,1%). De manière générale, le taux d’activité est plus élevé en milieu rural qu’en zone urbaine.

La principale occupation des actifs de la région sont les activités agropastorales (92,2%), suivent la catégorie « le personnel de service et les vendeurs » (3,4%) et la troisième catégorie qui regroupe les artisans et les ouvriers (2,3%). Au niveau des hommes, 90,7% sont dans l’Agriculture (agriculture, élevage ou pêche), 3,1% dans les services ou la vente et 3,2% sont des ouvriers ou des artisans. Chez les femmes, ces proportions sont respectivement de 93,5%, 3,5% et 1,6%. 

Le nombre de demandeurs d’emplois ne cesse d’augmenter d’année en année. De 156 en 2009, il est passé à 543 en 2016. Les offres d’emplois n’ont pas suivi l’évolution des demandes en passant de 13 en 2009 à 27 en 2016.

En matière de formation professionnelle, la région dispose de 12 centres équipés répondant aux exigences du cahier des charges portant ouverture et fonctionnement des centres ainsi que huit (08) écoles privées de formation des enseignants du primaire, trois (03) écoles de formation des agents de santé humaine et une école privée de formation en santé animale. En 2015/16, environ 428 personnes dont 16,36% femmes ont été formées dans les différentes filières (mécanique, construction métallique, menuiserie, coupe couture, teinture tissage, électricité, plomberie).

La jeunesse, dit-on, est le levain de la société, la relève de demain. Pour qu’elle puisse jouer convenablement ce rôle, un préalable doit être fait. Il s’agit :

  • de renforcer l’employabilité des jeunes ;
  • d’assurer le financement des projets des jeunes ;
  • d’aménager des espaces d’apprentissage, de loisirs (centre multimédia, centre d’animation culturelle et de loisirs…) au profit de ces jeunes.

 

[1] INSD, Enquête burkinabé sur les conditions de vie des ménages 2003 et Enquêtes annuelles sur les conditions de vie des ménages (EA-QUIBB) 2005 et 2007 et EICVM 2009, EMC 2014

 


Santé et lutte contre le VIH/sida


Infrastructures sanitaires

La région du Centre-Nord compte en 2016 un Centre hospitalier régional (CHR), trois (03) Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA), trois (03) Centres médicaux (CM) et 138 Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) organisés autour de six (06) districts sanitaires que sont Barsalogho, Boulsa, Boussouma, Kaya, Kongoussi et Tougouri (MS, 2017).

Situation des infrastructures sanitaires en 2016

 

Districts

Barsalogho

Kaya

Kongoussi

Boulsa

Total

CHR

0

1

0

0

1

CMA

1

0

1

1

3

CM

0

2

0

1

3

CSPS

11

53

36

38

138

Dispensaire isolé

0

4

2

2

8

Autres formations sanitaires

0

1

0

0

1

Officines pharmaceutiques

0

4

1

0

5

Dépôts pharmaceutiques

4

10

9

7

30

OST

0

1

1

0

2

Source : Annuaire statistique 2016 ; MS

 

Le ratio habitants/CSPS est de 13 740 en 2016. Le Rayon moyen d’action théorique (RMAT) est passé de 6,8 Km en 2012 à 6,2 Km en 2016, légèrement au-dessus de la moyenne nationale (6,1). L’éloignement des formations sanitaires des populations est renchéri par l’impraticabilité des voies en saison hivernale, toute chose qui complique la couverture sanitaire.

 


  • Les principales pathologies


Les principales pathologies rencontrées dans les formations sanitaires sont la méningite, la rougeole, le paludisme, les diarrhées et les infections respiratoires aigües comme le montre le tableau ci-dessous.

Evolution du nombre de cas de maladies de 2012 à 2016

 

Pathologies

2012

2013

2014

2015

2016

Méningite

269

293

621

256

460

Rougeole

333

414

22

6

37

Paludisme

531 550

525 430

540 107

604 679

728 902

Diarrhées sanguinolentes

10

4

8

21

14

Infections respiratoires aigues

199 623

255 141

236 670

260 435

629

Total

731 785

781 282

777 428

865 397

730 042

Sources : Annuaires statistiques ; MS

 

L’analyse du tableau montre que le paludisme est la principale raison de consultation

(99,84%) dans les formations sanitaires en 2016. Il l’a été durant les cinq (05) dernières années.

 


  • Le personnel soignant

En 2016, la région du Centre-Nord compte 56 médecins, 10 pharmaciens, 122 attachés de santé ; cinq (05) Préparateurs d’Etat en pharmacie (PEP), 139 SagesFemmes/Maïeuticiens d’Etat (SF/ME), 22 technologistes biomédicaux, 10 Techniciens supérieurs en imagerie médicale (TSIM), 273 Infirmiers diplômés d’Etat (IDE), 139 Infirmiers brevetés (IB) et 156 accoucheuses auxiliaires.

 Situation du personnel de santé en 2016

 

Qualification

DRS

CHR

Barsalogho

Boulsa

Boussouma

Kaya

Kongoussi

Tougouri

Total

Médecins

2

23

5

4

4

5

9

4

56

Pharmaciens

1

5

0

0

1

1

2

0

10

Chirurgiendentiste

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Attachés de santé

5

68

8

16

1

4

19

1

122

PEP[1]

0

1

1

1

0

1

1

0

5

SF/ME[2]

0

26

11

19

15

23

32

13

139

Technologiste biomédical

0

13

2

2

0

0

4

1

22

Qualification

DRS

CHR

Barsalogho

Boulsa

Boussouma

Kaya

Kongoussi

Tougouri

Total

TSIM[3]

1

1

1

1

1

2

2

1

10

IDE[4]

0

55

29

34

29

49

55

22

273

Infirmiers brevetés

0

14

10

17

13

30

29

26

139

AA[5]

0

1

14

16

22

55

36

12

156

Source : Annuaires statistiques 2016 ; MS

 

La région connaît un manque/une insuffisance de certains spécialistes, notamment en dermatologie, chirurgien-dentiste, gastro-entérologue, cardiologue, etc.

 


  • Le VIH/Sida et les autres IST

Les tests de dépistage du Virus du Syndrome immuno déficience acquise (VIH/Sida) et des autres Infections sexuellement transmissibles (IST) sont menés dans les formations sanitaires et certaines organisations associatives reconnues à cet effet.

En 2016, près de 73 712 personnes ont été dépistées dont 73,45% de femmes. 497 personnes ont été déclarées séropositives dont 66,80% des femmes (MS, 2017). Les femmes sont les plus promptes à se faire dépister surtout celles enceintes. Les hommes pour leur part, semblent plus réfractaires à cet exercice pourtant capital pour le bien de la famille.

Les Personnes vivant avec le VIH (PvVIH) sont prises en charge dans les formations sanitaires avec les Antirétroviraux (ARV). Sur les 3 701 patients, 2 127 sont sous ARV dont 92 enfants. Sur ces patients sous ARV, 2 113 sont en première ligne et 14 en deuxième ligne (MS, 2017).

 


  • La nutrition

Les nourrissons, en raison du déficit alimentaire structurel de la région, sont exposés à des retards de croissance et à des maladies ayant une origine d’insuffisance nutritionnelle. En 2016, environ 779 275 enfants ont été dépistés malnutris. Le taux de dépistage des malnutris aigus modérés s’élève à 27,8% contre 65,9% pour celui des malnutris aigus sévères (MS, 2017).

La situation alimentaire précaire combinée à la pauvreté des ménages et ses corollaires, rendent les enfants très vulnérables face au paludisme, aux maladies diarrhéiques et aux infections respiratoires qui demeurent les principales causes de décès. Le quotient de mortalité infanto-juvénile se pointait à 160,8‰ et reste audessus de la moyenne nationale qui était de 141,9‰ en 2016. En 2016 par exemple 20,8% des enfants de moins de 03 ans présentaient un retard de croissance.

 

             

Accès à l’eau potable et à l’assainissement


 


  • L’accès à l’eau potable


L’eau potable est fournie par les Pompes à motricité humaine (PMH), les puits modernes, le système d’Adduction d’eau potable simplifiée (AEPS) et le réseau de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) disponible uniquement dans les chefs-lieux de province (Kaya, Kongoussi, Boulsa) et dans deux (02) communes rurales (Boussouma et Korsimoro).

Au titre des ouvrages hydrauliques, on dénombre 4 982 forages équipés de PMH dont 4 616 sont fonctionnels, soit un taux de fonctionnalité de 92,65%. Les 366 autres sont non fonctionnels, soit un taux de panne de 7,35%. La région compte 43 AEPS dont 26 fonctionnels. L’ensemble du réseau de distribution est constitué de 163 bornes fontaines.

Le Centre-nord dispose également de 1 596 puits modernes dont 865 temporaires et 731 permanents. Ainsi, plus de la moitié des puits de la région sont temporaires.

 


  • L’accès à l’assainissement

En matière d’assainissement, environ 69,5% des ménages ont recours à la nature comme lieu d’aisance et seulement 4,5% utilisant des latrines VIP (INSD, 2015)comme l’indique le tableau suivant.

 Répartition des ménages selon le lieu d’aisance

 

Lieux d’aisance

2005

2007

2009

2014

Fosses septiques

9,1

3,9

0,6

Nd

Latrines traditionnelles réhabilitées

2,7

0,9

5,5

Nd

Latrines VIP

0,0

0,0

4,3

4,4

Toilettes avec chasse manuelle

0,0

0,8

0,0

0,0

Latrines ordinaires

13,7

24,8

15,5

Nd

Nature

74,5

69,3

72,4

69,5

Autres

0,0

0,3

0,7

4,5

Total

100,0

100,0

100,0

Nd

Source : (INSD, 2015)

 

Le choix du type de latrine dépend non seulement du revenu des ménages, mais aussi du type d’ouvrage présenté par l’intervenant. On constate que les infrastructures d’assainissement sont non seulement insuffisantes, et le peu d’ouvrages existant n’obéit pas aux normes en vigueur en matière d’hygiène et d’assainissement (notamment les latrines traditionnelles). L’utilisation d’ouvrages non conformes aux normes en vigueur bien qu’elle constitue le moindre mal, n’élimine pas pour autant les nuisances et les risques de maladies.

Les estimations de la Direction générale de l'assainissement, des eaux usées et excréta (DGAEUE) sur la base des données collectées sur les ouvrages d’assainissement, donnent un taux d’accès en 2013 de 4,7% dans la Région du Centre-Nord.

 


Action sociale et promotion du genre


Les services de l’action sociale jouent un rôle capital pour la survie des personnes vulnérables. Ils atténuent les effets néfastes de certaines pratiques sociétales et contribuent à rappeler aux populations l’une des valeurs cardinales des sociétés africaines : la solidarité.

Les services de l’action sociale contribuent à :

  • la promotion de l’enfant et de l’adolescent ;
  • la protection et la promotion de la famille ;
  • la promotion de la solidarité nationale ;
  • la protection des groupes spécifiques (vieillards, handicapés, etc.) et la lutte contre le VIH et les IST.

 

 

Il faut signaler l’accroissement au fil des années du nombre des cas sociaux dans l’ensemble de la région. L’urbanisation continue attire des ruraux qui, le plus souvent, y voient un cadre pour faire fortune. Mais ces illusions une fois confrontées à la réalité urbaine entrainent des cas sociaux.

Outre cela, la paupérisation croissante et les variations climatiques constantes avec ses corollaires (inondations, vents violents) conduisent les populations dans une situation déplorable. En plus, la prolifération des sites d’orpaillage, sources de déviances sociales (enfants travailleurs, prises de drogue, prostitution, banditisme, VIH/SIDA, etc.) contribue à aggraver la situation des populations dans la région.

Un autre élément non moins important est la condition de la femme en proie aux violences conjugales de toutes formes, aux pratiques traditionnelles néfastes, exclusion sociale (mangeuses d’âmes, et autres formes de bannissements). Face à toutes ces situations déplorables, les services sociaux ont un rôle crucial à jouer.

 


Sports et loisirs


 

Les principales disciplines sportives sont le football, le volley-ball, le hand-ball, le basket-ball, l’athlétisme, les arts martiaux (karaté do, viêt-vo-dao, vo-vi-nam), le judo, le kung-fu, la lutte traditionnelle, etc. Les sports de main et l’athlétisme sont surtout pratiqués dans le milieu scolaire où se déroule l’USSU-BF. Le football est la discipline sportive la plus populaire où chaque commune dispose au moins d’un terrain de jeu. On note l’existence d’un stade omnisports régional à Kaya.

Il importe de relever également l’existence du sport pour handicapés (handisport) avec une dotation du ministère de tutelle en vélos au nombre de 12 pour la pratique du football.

Quant aux loisirs, les disciplines pratiquées sont essentiellement le jeu de dame, le jeu de pétanque, le scrabble, la belotte, le lido, le "waré", etc. Toutefois, seul le jeu de dame existe officiellement car organisé en association, en district et en ligue.

 

 

[1] Préparateur d’Etat en pharmacie

[2] Sages-femmes/Maïeuticiens d'Etat

[3] Technicien supérieur en imagerie médicale

[4] Infirmiers diplômés d’Etat

[5] Accoucheuse auxiliaire