Services sociaux de base

Education et formation

 

Dans la région du Centre-Sud, on distingue principalement quatre (4) niveaux d’enseignement : l’enseignement préscolaire, l’enseignement primaire, l’enseignement secondaire et la formation technique et professionnelle. A ces trois niveaux formant l’éducation formelle, il faut ajouter l’alphabétisation et l’éducation non formelle (les Bissongos, les centres d’éducation de base non formelle CEBNF et les écoles franco-arabes).

L’enseignement préscolaire

En termes d’infrastructures, la région compte 33 structures d'encadrement de la petite enfance (17 au Bazèga, 03 au Nahouri et 13 au Zoundwéogo). On note aussi la présence à Manga d’une autre structure préscolaire dénommée 3E (Espace, Education, Eveil). 

Les effectifs du préscolaire de 2010-2011 à 2015-2016 ont connu une évolution en dents de scies comme l’indique le tableau ci-après. Bien que cette évolution en dents de scies concerne l’ensemble des trois provinces, c’est la province du Zoundwéogo et du Nahouri qui montrent une forte instabilité en termes d’effectifs (voir graphique 3 ci-après). 

 


 Le primaire

L’enseignement primaire a connu des progrès énormes en termes d’accès et d’infrastructures éducatives. Le nombre total d’écoles cumulées (public et privé) en 2016 est chiffré à 642, dont 571 publics et 71 privés, réparties dans les différences circonscriptions d’éducation de base. Le nombre d’élèves à la rentrée 2015-2016 était de 141 873 avec un effectif de 8 971 inscrits dans les écoles privées. En général, la région à un ratio de 54 élèves par classe comparativement à 2009 qui était de 59 élèves par classe. Ce ratio varie d’une province à l’autre. Il est de 52 pour le Zoundwéogo, 56 pour le Bazèga et de 55 pour le Nahouri. La norme nationale étant de 50 élèves par classe.

La région du centre-Sud a connu ces cinq dernières années des progrès remarquables. Le TBS au primaire par sexe montre que les filles ne sont plus à la traine (cf. graphique 4).  De 91,7% de TBS à la rentrée 2011-2012, le taux est passé à 98% en 2015-2016. Ce qui est largement supérieur au taux national qui est de 86,1%. 


 

Le post-primaire et le secondaire

A la rentrée 2007-2008, en termes d’infrastructures, la région du Centre-Sud comptait seulement 33 établissements dont 08 privés. En 2015-2016, le nombre d’infrastructures est passé à 166 établissements dont 52 privés. Toutes les communes de la région disposent d’au moins un établissement secondaire. La plupart des CEG des chefs-lieux de département ont été érigés en lycées pour accroître l’offre éducative et permettre aux élèves d’avoir accès au second cycle. 

A la rentrée scolaire 2015-2016, les effectifs totaux des élèves du post-primaire s’élevaient à 52 449 élèves dont  25 174 filles, soit 47,99% de l’effectif total, tandis que ceux des élèves de l’enseignement secondaire général se chiffraient à 6 680 dont 2 431filles, soit 36,39% de l’effectif total.

La province du Bazèga détient le plus grand nombre des effectifs en termes de salles de classe et de nombre d’élèves. Elle est suivie du Zoundwéogo. Selon les données statistiques de la direction régionale des enseignements post-primaire et secondaire, l’encadrement est assuré par 903 enseignants toutes disciplines confondues. En moyenne dans la région, on compte 65 élèves par classes. Au vu de ces ratios, la plupart des établissements publics ont un déficit en salles de classes qui nécessite l’intervention des partenaires pour améliorer les conditions de travail des enseignants et des élèves. Ces statistiques montrent que des efforts restent à fournir dans la construction de nouvelles salles de classes, surtout pour le post-primaire et le recrutement d’enseignants titulaires pour assurer un enseignement de qualité dans le secondaire. 

Le taux brut d’admission dans le post-primaire est faible, soit 16%, et avoisinent le taux au niveau  national (17%). Quant au secondaire, le taux  d’admission reste faible,  soit 16% pour l’ensemble de la région avec respectivement 16,7% au Bazèga, 19,5 % au Nahouri et 13,2% au Zoundwéogo. 

Formation technique et professionnelle

Il existe seulement trois établissements d’enseignement technique et professionnel[1] dont 2 publics et 1 privé. En effet, seule la province du Zoundwéogo abrite deux établissements d’enseignement technique et professionnel avec un seul privé. Le nombre de salles de classes cumulé de ces établissements est de 12 avec un effectif de 182 élèves dont 142 garçons et 40 filles au cours  de l’année scolaire 2015/2016. Ces  trois établissements sont loin de pouvoir absorber la demande sans cesse croissante dans l’enseignement technique. Les élèves qui le peuvent sont obligés de rejoindre la capitale Ouagadougou pour bénéficier de ces formations.

En dehors de cet établissement, on rencontre de nombreux centres de formation aux métiers, qui  ont pour objectif de contribuer à qualifier la main d’œuvre locale à travers le renforcement des capacités dans les différents corps de métiers, à promouvoir l’emploi et à élargir les opportunités d’emploi.


 

Santé


Répartition des infrastructures et leur accessibilité

On dénombre 4 districts sanitaires, dans la région, basés à Kombissiri, Manga, Pô et Saponé. Les aires de couverture de ces districts sont les suivantes :

  • le district sanitaire de Kombissiri dans la province du Bazèga qui couvre les communes de Kombissiri, Doulougou, Gaongo et Toécé ;
  • le District sanitaire de Pô qui couvre les 5 communes de la province du Nahouri;
  • le district sanitaire de Manga qui couvre les sept (7) communes de la province du Zoundwéogo;
  • enfin, le district sanitaire de Saponé dans le Bazèga couvrant les communes de Saponé, Ipelcé et Kayao.

La période 2012-2016 a été marquée par une évolution assez significative des indicateurs de santé de la région en raison de la poursuite de la mise en œuvre du PNDS sous tendue par des actions visant l’amélioration de l’état sanitaire de la région (l’accroissement des infrastructures, du personnel et de tout autre moyen concourant à l’atteinte des objectifs visés).

Evolution des infrastructures et du personnel sanitaire de la région

L’ensemble des formations sanitaires, toutes catégories confondues est passé de 90 en 2007 à 122 en 2016, soit une augmentation de 35,55%. La situation des infrastructures par district en 2016 montre un cadrage dynamique et une couverture évolutive :

  • Le district sanitaire de Kombissiri compte 35 formations sanitaires dont 1 CMA, 24 CSPS, 09 dispensaire isolés et 01 OST, toutes fonctionnelles ou en cours de normalisation.
  • Le district sanitaire de Po, compte 28 formations sanitaires dont 1CMA, 23 CSPS, 2 dispensaire isolés et 2 FS.
  • Le district sanitaire de Manga couvrant 46 formations sanitaires dont 1CMA, 37 CSPS, 06 Dispensaires isolés, 1 OST et 1 FS.
  • Le district sanitaire de Saponé regroupe 22 formations sanitaires dont 1 CMA, 20 CSPS et 2 dispensaires isolés.

La répartition des infrastructures de santé (CMA, CSPS, dispensaires, officines pharmaceutiques) par province donne les résultats suivants (DGAT-AD _enquête de terrain mai 2013) : 41 % des infrastructures sanitaires sont dans la  province du Bazèga,  34% dans le Zoundwéogo et 25% dans le Nahouri.

Infrastructures sanitaires de la région en 2016

 

Entité territoriale

Nbre de

CMA

Nbre de

CSPS

CSPS remplissant les normes

Nbre de dispensaires  isolés

Autres formations sanitaires

Nombre

d'officines

Nbre de dépôts pharmaceutiques

Bazèga

44

 40

11

 

00                   

02

10

Nahouri

1

23

23

2

03

01

11

Zoundwéogo

1

37

28

6

02

01

17

Centre - Sud

4

104

91

19

05

04

38

Source : MS-Annuaire statistique DRS-CSD, 2016


 

Lutte contre le VIH/SIDA

De multiples actions sont menées dans la région pour endiguer la progression de la pandémie aussi bien par l’administration que par les associations. Au nombre des activités menées, on relève entre autres les sensibilisations, le dépistage volontaire, la prise en charge communautaire, la fourniture des ARV aux patients. Mais la maladie reste stigmatisante si bien que les personnes testées séropositives préfèrent rester dans l’ombre malgré la discrétion observée dans les centres de prise en charge.

Toutefois, des avancées significatives ont été enregistrées ces dernières années.  En effet, en 2007, sur 8607 personnes testées pour VIH, 319 ont été déclarées infectées, alors qu’en 2016 sur 12065 testées, 166 ont été déclarées positives dans la région du Centre-Sud. Mais admettons  que des efforts restent à faire dans la lutte contre ce fléau qui pourrait constituer un frein au développement socio-économique de la région.

Eau potable et Assainissement 

Dans les chefs-lieux de province, l’approvisionnement en eau potable est assuré par l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA). Il assure la distribution de l’eau à travers les branchements privés et les bornes fontaines. En 2016, on dénombrait 4 459 abonnés dans les chefslieux de province. A cela s’ajoutent les systèmes simplifiés que sont les postes d’eau autonomes, les forages et puits localisés dans les périphéries. 

Dans le milieu rural, l’eau potable est accessible grâce aux nombreux points d’eau modernes mis à la disposition des populations. La situation en infrastructures d’eau potable en fin 2016 montre que la région dispose de 3 472 points d’eau modernes fonctionnels avec un taux de fonctionnalité de 92,86%. En termes d’indicateurs, le taux d’accès en 2016 est de 84,2% avec 93,5% pour le Zoundwéogo, 87,5% pour le Bazèga et 80% pour le Nahouri. 

Évolution du taux d’accès à l’eau potable en milieu rural par province dans la région du Centre-Sud de 2012 à 2016

 

ANNEE

2012

2013

2014

2015

2016

 Bazèga

78,8

83,3

83,8

85,8

87,5

 Nahouri

75,6

78,8

79

81,2

80

Zoundwéogo

81,7

79,4

79,8

81,9

93,5

Total région

79,2

80,5

80,9

82,9

84,2

Source : annuaire statistique 2016 Centre -Sud


Le système de drainage des eaux pluviales est insuffisant dans les villes de la région. Dans les trois communes urbaines, en dehors de quelques kilomètres le long de la RN 5 à Kombissiri et à Pô et la RN 29 à Manga, il n’existe pas de canaux pour l’évacuation des eaux de pluies. Elle se fait généralement par la chaussée, à travers les pentes naturelles de terrain. La conséquence directe est la dégradation continuelle de la voirie dans les différentes communes. Les eaux usées sont évacuées la plupart des cas dans les puits perdus et dans la rue. Cela entraîne un certain nombre de nuisances qui sont sources de maladies.

Le mode d'évacuation des ordures ménagères le plus courant est le tas d'immondices même dans les centres comme Kombissiri, Saponé, Manga et Pô. Elles sont aussi quelquefois jetées dans les champs comme fumure. L'usage de la poubelle ou de la décharge publique est rare. L’appui des populations pour la réalisation des latrines et leur sensibilisation devront se poursuivre pour une amélioration des conditions d’hygiène dans les villes et campagnes.

 


Situation des groupes vulnérables

 La région du Centre-Sud enregistre un nombre croissant de victimes des phénomènes sociaux. Les groupes vulnérables les plus sensibles sont les femmes, les jeunes, les enfants, les handicapés et les personnes âgées.

Les  femmes

La situation sociale, économique, politique et culturelle de la femme et de la jeune fille dans la région reste marquée par des inégalités entre genre au détriment des femmes et de la jeune fille. Ces dernières qui constituent plus de 52% de la population de la région, sont en effet défavorisées sur le plan socio-économique par rapport aux hommes du fait des pesanteurs sociologiques.

Au plan social et culturel, la vie de la femme reste encore régie par des règles et des pratiques coutumières. Gardiennes des valeurs, les femmes contribuent par l’éducation familiale traditionnelle à perpétuer certaines de ces conceptions et pesanteurs sociales qui leur sont défavorables. Elles sont souvent considérées comme des mineures devant rester sous la tutelle des hommes (père, époux ou frère), constituant de ce fait une main d’œuvre pour ces derniers. Par conséquent, elles développent un manque de confiance en elles-mêmes. Ce qui est préjudiciable à une auto-responsabilisation face aux exigences de la société moderne et aux défis du développement. En outre, elles sont victimes de certaines violences portant sur des coups et blessures volontaires, l’excision, l’exclusion pour fait de sorcellerie, de viols, d’abus sexuels, de pensions alimentaires, de mariages forcés et précoces, etc.

Au niveau de l’éducation, malgré les efforts de sensibilisation et certaines mesures en faveur de l’éducation des filles, des résistances subsistent toujours dans certains milieux pour leur scolarisation. Le rapport entre le nombre d’élèves nouvellement admis en première année (CP1)  et le  nombre d’enfants ayant l’âge légal (6 ans en 12/13 et 7 ans les années antérieures) d’admission à l’enseignement primaire nous indique les disparités entre les sexes à travers l’indice de parité. Cet indice évolue en dents de scie dans l’ensemble des trois (3) provinces. Ces disparités sont  fonction des provinces.

Au plan sanitaire, la faible fréquentation des services de santé, la faible acceptation des méthodes contraceptives liées à l’ignorance, à l’analphabétisme et à la pauvreté sont autant d’entraves à l’émancipation de la femme. Les accouchements trop rapprochés, le nombre accru des grossesses non désirées surtout en milieu scolaire fragilisent d’une part leur santé et d’autre part entraînent le ralentissement des activités économiques et le faible taux d’achèvement en milieu scolaire. On note également les difficultés pour de nombreuses femmes à faire accepter le port du préservatif à leur partenaire.

Au niveau du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, l’essentiel des activités des femmes se retrouvent dans le secteur agricole. En matière d’accès au travail et à l’emploi, elles sont nombreuses à travailler dans le secteur informel. Plusieurs d’entre elles sont organisées en associations et groupements et mènent des activités dans le domaine de l’élevage, l’agriculture, le jardinage, la transformation des produits céréaliers, l’extraction du beurre de karité, etc. 

Au plan économique, les conséquences de toutes les situations ci-dessus évoquées engendrent chez les femmes une pauvreté croissante et massive, bien qu’il soit établi qu’elles jouent un rôle primordial dans la vie socio-économique de la région. En milieu rural, elles participent à la plupart des travaux champêtres mais elles ne tirent pratiquement pas de grands revenus. Elles n’ont pas accès à la terre et ne contrôlent pas les facteurs de production tels que les équipements et la formation technique. Les femmes restent donc économiquement marginalisées.

Sur le plan institutionnel, les options politiques sont en faveur de la promotion de la femme. Toutefois, l’insuffisance des ressources pour la mise en œuvre des politiques et programmes en faveur de l’émancipation de la femme, limite la portée du cadre institutionnel sur le terrain.

Les jeunes

Les jeunes qui représentent une partie importante de la population sont exposés au manque d’emploi, au sous-emploi, aux IST et VIH/SIDA, à la consommation des stupéfiants, à la délinquance, à la prostitution, etc. Pourtant, ils sont les plus mobiles et plus ouverts à l’extérieur et constituent de ce fait le vecteur et le reflet des différentes mutations sociales, culturelles et économiques. Pour ce faire, la prise en compte immédiate de leur situation, de leur préoccupation constitue un préalable pour toute action de développement durable.

Le cas des personnes âgées, des handicapés et des enfants

Les personnes âgées font souvent l’objet de marginalisation sociale ou de rejet familial du fait de la diminution, voire de la perte de certaines potentialités intrinsèques liées à l’âge. Cependant, ils demeurent des personnes de ressources détentrices de sagesse et de valeurs.

Les personnes handicapées, à l’instar des personnes âgées, considérées comme improductives, font de nos jours l’objet de rejet et de marginalisation totale, condamnées souvent à la mendicité.

Des actions doivent être entreprises pour aider l’enfant en difficulté comme le fait déjà le projet de prise en charge communautaire dans les domaines scolaire et sanitaire des orphelins et enfants affectés du VHI/SIDA du SP/CNLS dans la province du Nahouri.

 

 

[1] Annuaires statistique 2016 de la région du Centre-Sud, juillet 2016.