Services sociaux de base


SECTEURS SOCIAUX


Education et formation


Préscolaire


 Les structures d’encadrement de la petite enfance étaient au nombre de 29 en 2016 dans la région du Nord dont 25 structures formelles privées et publiques (les Centre d’Éducation et d’Éveil Préscolaire (CEEP)) et 4 structures non formelles généralement appelées structures communautaires ou « Bisongo».

Les effectifs du préscolaire ont beaucoup augmenté et sont passés de 1 719 auditeurs en 2012/2013 à 2 357 en 2015/2016, soit une progression de 37,11 %. Pour l’année 2016, les garçons au préscolaire étaient de 1237 tandis que les filles dénombrées étaient de 1120. Quant aux agents du préscolaire, ils étaient 127 dont 49 agents publics, 67 agents du privé et 11 agents communautaires. La plupart sont dans les provinces du Passoré et du Yatenga.

Au titre des contraintes, l’insuffisance de personnel enseignant dans les structures d’encadrement existantes et l’insuffisance de structures d’encadrement de la petite enfance dans la région notamment dans le Passoré.


Primaire


 Le nombre d’élèves au primaire dans la région du Nord s’est accru continuellement sur les cinq dernières années. En effet, ce nombre est passé de 256 899 élèves en 2011/2012 à 291 141 élèves en 2015/2016 dont 140 620 filles représentant un taux de 48,30% et 150 521 garçons soit un taux de 51,70%.

En lien avec l’accroissement du nombre d’élèves, le nombre d’écoles primaires de la région a sensiblement augmenté,passant ainsi de 1 349 écoles primaires à l’année scolaire 2011/2012 à 1 509 écoles en 2015/2016, dont 1114 écoles primaires publiques et 395 écoles primaires privées. Cela traduit la demande de plus en plus croissante d’écoles. Il convient de noter la présence de plusieurs écoles coraniques dans la région qui regroupent un nombre assez important de garçons mais l’absence de statistiques ne permet pas de les dénombrer.

Le personnel enseignant (enseignant-e-s au bureau et enseignant-e-s en classe) est en constante augmentation au regard des besoins importants d’encadrement des élèves. Ainsi, ce nombre est passé de 5009 enseignant-e-s en 2011/2012 à 6 539 enseignant-e-s en 2015/2016 dont 2 806 femmes et 3733 hommes, soit un ratio de 44 élèves pour un-e enseignant-e. Par statut d’établissement, on dénombre 5 494 enseignant-e-s dans le public et 1 045 enseignant-e-s dans le privé en 2015/2016. Le personnel féminin dans l’éducation s’accroit d’année en année traduisant ainsi les efforts faits en matière de promotion de la femme dans ce corps de métier. En 2015/2016, le taux du personnel féminin était de 42,91%. Cela serait dû, d’une part à un besoin de sécurisation financière par un emploi formel et d’autre part au niveau scolaire exigé pour être candidat. De plus, les emplois dans les services sociaux tels que l’éducation sont perçus comme des prolongements naturels du travail traditionnel des femmes.

Le taux brut de scolarisation qui était de 101,6% en 2011/2012 contre 79,6% au niveau national, est passé en 2012/5/2016 à 104,4%contre 86,1% au niveau national. Ceci traduit une forte adhésion des parents pour la scolarisation des enfants à l’école primaire dans la région.

Quant au taux brut de d’achèvement au primaire il est passé de 67,3% en 2011/2012 contre 55,1% au niveau national à 62,6% en 2015/2016 contre 58,2% au niveau national. Pour ce qui concerne les filles, le taux d’achèvement au primaire passe de 64,2% à 71,3%, avec un pic en 2013/2014, dépassant celui des garçons. L’application de certaines politiques visant à maintenir les filles dans le système éducatif y a joué un rôle très important. Tous ces résultats indiquent que le taux d’achèvement au niveau du primaire dans la région du Nord au dessus du taux national.

Les principales contraintes sont l’insuffisance de salles de classes (existence d’écoles sous abri précaire), la faible dotation annuelle pour la cantine scolaire et la faiblesse du taux d’achèvement à l’école primaire dans l’ensemble de la région.


Alphabétisation


La région du Nord comptait en 2014 un niveau d’alphabétisation  en déça de la moyenne nationale. En effet, le taux d’alphabétisationen 2017 est à 24,6% contre 34,6% sur le plan national. Parmi les apprenant-e-s, on distingue 34,4% de garçons et 16,3% de filles. Les langues utilisées dans les centres d’éducation non formelle dans la région du Nord sont le mooré et lefulfuldé.

Le principal constat est le taux d’alphabétisation des filles qui est plus de deux (02) fois moins que celui des garçons. Un des principaux facteurs explicatifs de cet écart est le manque de temps pour les filles, occupées par les travaux domestiques et un manque d’intérêt pour l’alphabétisation.Les principales contraintes sont l’insuffisance de moyens financiers mis à la disposition des opérateurs privés d’où encore un faible taux d’alphabétisation des populations rurales notamment les femmes dans la région.

Les Enseignements post-primaire et secondaire général

 L’enseignement post-primaire est un niveau d’enseignement formel d’une durée normale de 3 ou 4 ans visant à consolider les acquis de l’enseignement primaire, à préparer à l’enseignement secondaire ou à la vie professionnelle. Il est destiné aux sortants de l’enseignement primaire et constitue le second palier de la fréquentation scolaire obligatoire. Il est sanctionné par un diplôme de fin d’enseignement de base.

Le palier suivant est l’enseignement secondaire général qui vise essentiellement à préparer aux études universitaires. D’une durée de 3 ans, il est sanctionné par le baccalauréat de l’enseignement secondaire général.

Les établissements du post-primaire et du secondaire ont presque doublé en nombre dans la région du Nord depuis 2011, passant ainsi de 121 établissements en 2011/2012 à 237 établissements en 2015/2016, soit un taux d’augmentation de 95,87%, traduisant, ainsi l’effort important fait par les autorités éducatives en faveur de l’augmentation de l’offre d’établissements post-primaire et secondaire.

Le nombre d’élèves au niveau de l’enseignement post-primaire public ne cesse de croitre d’année en année. De 45 724 élèves en 2011/2012, ce nombre est passé à 73 693 élèves en 2015/2016, soit une augmentation de 61,17% en cinq années. Cet accroissement est dû en grande partie à l’augmentation du taux d’achèvement au primaire. Toutefois, en termes de ratio, on peut estimer le nombre d’élèves par établissement à 311, soit environ 77 élèves par classes (si l’on considère que le post-primaire en 2015/2016 comporte 4 classes pour le cycle).

Au niveau de l’enseignement secondaire général, on dénombre 12 124 élèves dont 8010 garçons et 4 114 filles,pour l’année scolaire 2015/2016 contre 7 518 élèves dont 4 414 garçons et 3104 filles en 2011/2012 traduisant ainsi une forte augmentation de 61,27%. Cette évolution positive de l’effectif des élèves au secondaire est la résultante d’efforts en matière de construction de nouveaux CEG dans les Communes mais aussi dans les gros villages des communes dans la cadre du continuum éducatif. Cependant, la province du Loroum reste à la traine en termes de nombre d’élèves au secondaire avec 323 inscrits en 2011/2012 et 727 inscrits en 2015/2016 et mérite des efforts particuliers en terme d’accompgnement dans les années à venir.

Le nombre d’enseignant du post-primaire et du secondaire a considérablement augmenté au cours des cinq dernières années. De 1 384 en 2011/2012, le nombre d’enseignant-e-s de ces deux ordres d’enseignement est passé à 2483 au total en 2015/2016, soit un taux de progression de 79,41%. Parmi eux, on y distingue 389 femmes et 2 094 hommes. Si au primaire, on a presque une parité entre personnel enseignant (1,3 enseignant pour 1 enseignante), au post-primaire, on compte environ cinq (05) enseignants pour une (01) enseignante. Cela est principalement dû au niveau de recrutement du personnel enseignant au post-primaire (au moins le DEUG II) car les filles ayant atteint ce niveau d’études ne sont pas nombreuses.

Comme indicateurs de réussite, les résultats au niveau de l’examen du BEPC en 2016, sur 16 622 candidats présentés à l’examen de fin d’année, 5 170 ont été admis au BEPC, soit un taux de succès de 31,10%, contre un taux de succès à l’examen de 30,38% en 2015 (3 327 admis sur 10 951 candidats). Ce taux qui est en amélioration de 0,72 points par rapport à 2015 est dû en partie à un assez bon taux de succès enrégistré dans la province du Zondoma. En effet, la province du Zondoma a enregistré la meilleure performance au cours des deux dernières années avec un taux de succès de 37,30% en 2015 et 47,48% en 2016.

En ce qui concerne, les résultats aux examens du Baccalauréat (enseignement secondaire général), ils sont en deçà des attentes car ils se situaient à 24,83% en 2015 puis à 23,92% en 2016 soit une baisse de 0,92 points. Cependant, il convient de signaler que la province du Yatenga connaît sur les deux années un taux de succès au baccalauréat supérieur à 30% (30,41% en 2015 et 32,09% en 2016). Les principaux maux qui entravent le développement de l’enseignement secondaire général sont l’insuffisance de salles de classe, l’insuffisance de personnel enseignant,l’insuffisance d’équipement et la déperdition scolaire due à l’existence des sites d’orpaillage.

 Enseignement secondaire technique

 L’enseignement secondaire technique vise essentiellement à préparer aux écoles supérieures d’enseignement technique. D’une durée de 3 ans, il est sanctionné par le baccalauréat de l’enseignement secondaire technique. Dans la région du Nord, il existait en 2016 trois (3) établissements d’enseignement technique dont 2 établissements publics et 1 établissement privé. Ils sont implantés dans le Passoré (Yako) et dans le Yatenga (Ouahigouya). L’offre pour l’enseignement technique est quasi-inexistante dans la région commpartivement à l’enseigenemnt secondaire général qui compte 237 établissements en 2015/2016. Cela ne permet pas une optimisation des capacités des élèves dans l’option de formation technique.

Ces établissements d’enseignement secondaire technique regroupaient, en 2016, 575 élèves dont 242 dans le cycle court, 212 dans le cycle moyen et 121 dans le cycle long. Au regard de la politique nationale en faveur de la formation technique et professionnelle des jeunes filles, les données sur la situation du nombre de filles dans les établissements techniques auraient permis de mesurer l’impact des politiques publiques en la matière dans la région et par la même occasion de faire une évaluation des éfforts à entreprendre par le Conseil régional pour favoriser leur insertion professionelle. Le personnel enseignant était au nombre de 95 en 2015/2016 dont 72 enseignants dans les établissements publics et 23 enseignants dans les établissements privés. Même si des données statistiques formelles n’existent pas, il ressort des entretiens que les femmes sont presqu’absentes dans l’enseignement technique, confortant les préjugés sur les capacités des femmes dans les matières techniques. Les contraintes dans l’enseignement technique dans la région sont l’insuffisance d’offre de formation professtiuonelle et l’insuffisance de soutien des jeunes dans les initiatives de formation aux métiers ruraux.

L’Enseignement Supérieur

 L’enseignement supérieur dans la région de Nord est animé depuis 2006 par l’institutSupérieur de Gestion de Ouahigouya (ISGO) et par la suite par le Centre Universitaire Polytechnique de Ouahigouya (CUPO) crée par arrêté n°2010-389/MESSRS/SG/UO du 22 octobre 2010 portant création des centres universitaires de Fada, de Ouahigouya et de Dédougou. Les activités pédagogiques du CUPO ont été lancées à la rentrée universitaire 2010-2011, précisément le 29 octobre 2010. Le système pédagogique est le système Licence-Master-doctorat.

Si l’ISGO qui est un établissement privé dispose d’infrastructures d’accueil, ce n’est pas le cas du CUPO qui ne dispose pas encore de locaux propres et loue par conséquent des bâtiments pour son fonctionnement. Les étudiants prennent leurs cours sur trois sites dont le lycée professionnel régional Naaba Kango, l’Ecole nationale des enseignants du Primaires et l’ENEP privé Naaba Koom. Quant à l’administration, elle occupe un bâtiment situé sur la route de Seguenega. Le site de la future université en construction, d’une superficie de 200 hectares est situé au Pk10 sur la route de Ouagadougou et à cheval entre les villages de Somyenga (commune de Ouahigouya) et de Kourra-Bagré (Commune de Oula).

Au cours du Conseil des ministres du 13 septembre 2017, le CUPO a été érigé en Université de Ouahigouya et comprend quatre établissements que sont : l’Ecole supérieure des sciences juridiques, politiques et de l’Administration (ESJPA), l’Ecole supérieure de commerce, de management et d’entrepreneuriat (ESCME), l’Ecole supérieure des Sciences de la santé (ESSAN) et l’Ecole supérieure des sciences et technologies (ESST). A ce jour, seules les trois premières écoles y sont fonctionnelles.

En termes d’effectifs, pour la rentrée 2015-2016, il y a eu au total 607 étudiants dans les 2 universités, dont 323 garçons et 284 filles, contre 245 en 2011-2012. Quant aux résultats académiques, les données disponibles sont celles de l’université de Ouahigouya où les taux de réussite aux examens sont assez satisfaisants avec des résultats bien meilleurs à l’ESSAN (95,74%) et l’ESJPA (86,70%).

Sur le personnel enseignant, les données disponibles sont celles de l’université de Ouahigouya. En 2016, l’université de Ouahigouya disposait de 35 enseignants permanents dont 16 enseignants médecins et 21 enseignants dans les autres filières. Il est prévu le renforcement du personnel enseignant dans l’université de Ouahigouya avec 10 nouveaux enseignants en 2018 etprobablement 10 nouveaux enseignants en 2019. Les principales contraintes dans le domaine de l’enseignement supérieur sont : le non achèvement des travaux de construction du bâtiment R+2 comprenant des bureaux d’enseignants, des laboratoires pour les Travaux Pratiques et des salles de cours et de Travaux Dirigéset l’insuffisance du personnel enseignant.


Santé et VIH/SIDA


 La région du Nord comptait en 2016 au titre de l’offre publique de santé un CHR, 4 CMA/HD, 2 CM et 195 CSPS, 2 maternités et 28 dispensaires seuls. Le privé participe à l’offre de santé de la population à travers des formations sanitaires privées et confessionnelles au nombre de 12. Le Centre hospitalier de Ouahigouya érigé en Centre Hospitalier Universitaire régional (CHUR) depuis 2016 est le centre de référence de la région. Prenant en compte la norme nationale qui est de1 CSPS pour 5 000 habitants, la région devait compter en 2017 un nombre total de 317 CSPS ; or la région n’en possède que 195 soit une différence de 122 CSPS par rapport à la norme nationale. A l’horizon 2022, la région devrait compter environ 364 CSPS.

En ce qui concerne les CMA, les districts sanitaires de Ouahigouya et de Thiou n’en disposent pas. Avec la mesure gouvernementale qui vise à doter chaque chef-lieu de commune d’un CMA et la région n’en disposant que de 4 CMA, l’on peut également conclure que des efforts doivent être également faits dans la construction de nouvelles infrastructures de CMA.

Au titre du personnel sanitaire dans les formatons sanitaires publiques, il en existait 775 agents de santé en 2016 contre 591 agents de santé en 2012, traduisant ainsi une augmentation du nombre d’agents dans la région.

Ainsi, en 2016 les ratios nombre d’habitants par agent de santé faisait ressortir les données suivantes : on avait 1 médecin pour 20 061 habitants contre une norme de 20 000 habitants, 1 infirmier/infirmière d’Etat pour 4 351 habitants contre une norme de 5 000 habitants, 1 infirmier/infirmière breveté pour 10 955 habitants contre une norme de 5 000 habitants et 1 Sage femme et 1 magneuticien d’Etat pour 8 004 habitants contre une norme de 12 000 habitants. Ces ratios indiquent quedans l’ensemble la couverture en personnel par nombre d’habitants est bonne en ce qui concerne le médécins, les infirmiers d’Etat et les Sages-Femmes et magneuticiens d’Etat. Cependant, en ce qui concerne les infirmiers brévétés, le ratio de 1 infimier breveté pour 10 955 habitants indiquent qu’il y a urgence de doubler leurs effectifs dans la région pour espérer l’atteinte des objectifs du Plan national de dévelopement sanitaire (PNDS) à l’horizon 2020.

En analysant les principaux indicateurs de santé de la région, l’on peut constater que l’indicateur nombre d’accouchements assistés est à un niveau acceptable et en constante progression de 2012 à 2016. En effet, le nombre de femmes ayant été assistées lors de l’accouchement est passé de 88,3% en 2012 à 91,5% en 2016.

Les principales causes de consultation dans les districts sanitaires du Nord sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës, la méningite, la rougeole, les maladies diarrhéiques.

La mortalité maternelle demeure un problème de santé publique dans la région. En effet, des cas de décès maternels ont été relevés. Ces décès surviennent le plus souvent au moment de l’accouchement à la maison ou au niveau des structures de référence ou pendant la phase de croissance de l’enfant. En 2006, le quotient de mortalité infantile qui était de 102,8nouveaux nés décédés pour mille naissances s’est amélioré en 2010 avec 72 nouveaux-nés décédés pour 1000 naissances. Ce quotient s’est aggravé en ce qui concerne les enfants car, il est passé de 65,2 décès pour 1000 naissance à 88 décès pour 1000 naissances.

Le VIH/SIDA reste une préoccupation pour la région. Les données de la séro surveillance au niveau du site sentinelle de Ouahigouyaindiquent un taux de prévalence du VIH estimé à 1,2% dans le site sentinelle de Ouahigouya.La file active de la région compte en 2015 au total plus de 4500patients. Le nombre de patients sous traitement ARV est moins de 2300.Au nombre des structures de dépistage, l’on distingue l’Association AMMIE qui mène, aux côtés des structures étatiques, un travail très remarquable dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA.

Toutes les structures mettent en œuvre le programme de Prévention de la Transmission Mère Enfant (PTME) avec un fort taux d’adésion des femmes enceintes (plus de 80%). Quelques fois et par endroit on constate des ruptures des intrants. Aussi, pour ce programme on note une faible adhésion des partenaires des femmes.

Les principales contraintes à l’accès des populations aux services de santé et la lutte contre le VIH/SIDA sont : l’éloignement de certaines populations par rapport aux formations sanitaires, la persistance des cas d’accouchement à domicile du fait de l’inacessibilité ou de l’éloignement des maternités, l’insuffisance du personnel de santé, les fréquentes rupture des réactifs CD4, la baisse des subventions en soutien aux activités de lutte contre le VIH/SIDA et les IST et aux sensibilisation sur le Planing Familial, la persistance de pratiques culturelles telles le lévirat, le mariage forcé et l’excision qui exposent à des risques de contamonation au VIH/SIDA et les IST et enfin, ledéveloppement anarchique des sites d’exploitation artisanale de l’or.


Eau potable et l’assainissement


Eau potable

 

La Région du Nord comptait en 2016 environ 6673 points d’eau potable modernes dontavec un taux de fonctionnalité de ceux-ci de 84,6%. Dans toutes les provinces les infrastructures hydrauliques sont fonctionnelles à plus de 80 % (par ordre décroissant on a un taux de fonctionnalité 88,78% au Loroum, 87,69% au Yatenga, 86,62% au Passoré et 83,97 % au Zondoma). Les points d’eau moderne sont les forages (4 396), les puits modernes (2149) et les AEPS/PEA (28).En considérant l’évolution de polpulation et les normes de couverture d’un forage et AEPS (300hbts/point d’eau potbale et 500hbts/AEPS), pour une population de 1 724 065 habitants en 2020 et 1 820 901 habitants en 2022, la région aura besoin respectivement de 5746 points d’eau potableet de 6069 points d’eau potable.Or en 2016, il était déjà dénombré 6 673 points d’eau modernes dont 5794 fonctionnels, ce qui traduit un niveau d’équipement en infrastructures d’eau potable assez satisfaisant pour la région du Nord. Il faut donc mettre la priorité sur les réhabilitations des forages en pannes ou le remplacement de ceux qui sont complètement défectueux pour améliorer l’accès des populations à l’eau potable.

Le taux d’accès à l’eau potable des populations dans la région du nord est 74,5% en 2016 contre 71,4% en 2012, 72,3% en 2013, 74,3% en 2014 et 75,2% en 2015. En 2016, la région n’a pas atteint le taux fixé par les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière d’accès à l’eau potable, qui est de 75%. Des efforts importants doivent être faits pour améliorer le taux d’accès à l’eau potable dans la région surtout dans les provinces du Lorum et du Passsoré. Le tableau ci-dessous présente le taux d’accès à l’eau potable dans la région par provinces.

Taux d’accès à l’eau potable par province de la région du Nord

Cette répartition provinciale des taux d’accès à l’eau potable cache des disparités inter communales d’où la nécessité d’avoir une analyse du taux d’accès en milieu rural et en milieu urbain. En effet, en milieu rural on y rencontre comme infrastructures d’eau potable, des forages et des puits modernes. Ainsi, dans l’ensemble des communes rurales, le taux moyen d’accès à l’eau potable est de 74,99% en 2016 contre 75,53% en 2015, d’oû une régression qui s’explique par la fréquence des pannes constatées au niveau des points d’eau potables en milieu rural. Les taux d’accès à l’eau potable les plus faibles de la région sont observés dans neuf (09) communes qui ont un taux d’accès de moins de 70%. Ce sont Plimpikou (46,9%), Bagaré(57,2%), Sollé (61,8%), Thiou (62,6%), Titao (63,3%), Banh(66,6%), Samba (67,1%), Barga (67,2%). L’une des difficultés que recontrent ces communes en matière d’accès à l’eau potable est la profondeur de la nappe phreatique ou la qualité de l’eau souteraine dans certaines communes comme Sollé, Banh et Kain dans le Lorum. En milieu urbain, l’approvionsionnement en eau potable est entièrement géré par l’Office national des eaux et de l’Assainissement (ONEA). Ce réseau est alimenté par les centres de Ouahigouya, de Gourcy, de Yako et de Titao. Le taux moyen d’accès à l’eau potable en milieu urbain est ressorti à 72,95% en 2016 contre 72,88% en 2015, soit une lègère progession. Cependant, des coupures d’eau fréquentes sont souvent constatées dans certains secteurs des villes de Ouahigouya, Yako, Gourcy et Titao (notamment entre janvier et mai). De nos jours les principales contraintes en matière d’eau potable sont la non fonctionalité d’environ 14% des points d’eau modernes créant ainsi une insuffisance d’eau potable en milieu rural, l’insuffisance de points d’eau potable dans la région (Banh, Sollé, Gourcy, Yako) due à la profondeur de la nappe phréatique et la faible capacité de production d’eau de l’ONEA dans les centres urbains de la région. Pour contribuer à resorber les contraintes en matière d’accès à l’eau potable dans la région, il est nécessaire en plus des réhabilitations de forages en pannes etsurtout au regard de la profondeur de la nappe phréatique, de mener une reflextion sur les forages à haut débit et pouvant faire l’objet d’aménagement spécifique en adduction d’eau potable simplifiée inter-villages. Un récensement fait par Direction régionale de l’eau et de l’assainissement fait état de 50 forages à haut débit dans la région du Nord dont 5 au Loroum, 17 au Passoré, 21 au Yatenga et 7 au Zondoma.


Assainissement et cadre de vie


 Dans la région du Nord, la situation de l’assainissement est loin d’être une réalité. Cependant, les progrès suivants méritent d’être signalés :

         Eaux pluviales : le réseau de drainage concerne seulement la ville de Ouahigouya avec un linéaire de 13 650 m composé de caniveaux primaires(à ciels ouvert) structurant dont deux sont aménagés ;

         déchets solides : la gestion des déchets solides se caractérise par la coexistence de trois filières. Premièrement, la méthode traditionnelle de gestionqui consiste au stockage des déchets dans des tas d’ordures devant les concessions ou dans des espaces publics vides et qui sont incinérés ou transférés dans les champs ou à la décharge. Deuxièmement « la méthode associative de gestion ».Des groupements associatifs, généralement des femmes, proposent un système d’abonnement aux ménages. Les ordures sont récupérées régulièrement par ces associations avec des charrettes et transférées sur des lieux de traitement ou des dépotoirs publics prévus à cet effet. Troisièmement « la collecte par les bacs à ordures ». Dans certains endroits des villes et des localités, des bacs à ordures ont été déposés par les mairies pour la collecte des ordures. Ainsi de façon volontaire, les ménages et toute autre personne déversent leurs ordures dans ces bacs. Les déchets sont brûlés ou transférés vers la décharge par la mairie ou des entreprises privées sur commande de la mairie.

          déchets liquides : le système de gestion des eaux usées et excrétas est toujours très traditionnel, marqué la faible utilisation des latrines traditionnelles ou modernes par les ménages (latrines familiales)et le manque de puits busés pour les eaux usées.

Selon l’Enquête national sur les conditions de vie des ménages (ECVM), en 2014, 51.3% des ménages utilisaient toujours la nature comme lieu d’aisance contre 50,5% au niveau national. Dans les communes rurales le taux de défécation à l’air libre et dans la nature est encore plus élevé ; cette situation s’explique par l’insuffisance de latrines familiales en milieu rural.


Habitat et Urbanisme


Dans la région du Nord, trois types d’habitats se côtoient. Il s’agit de l’habitat traditionnel, de l’habitat moderne et de l’habitat mixte. Dans l’ensemble, on distingue des logements en parpaings de ciment et en banco. Les toitures en terrasse de banco et en paille sont les plus nombreuses surtout en milieu rural, suivie des toitures en tôle et en fin des toitures en dalle et tuile. En ce qui concerne l’urbanisation, les taux d’urbanisation varient d’une province à l’autre avec un effort perceptible dans les communes urbaines. En 2006, le Zondoma et le Lorum avaient respectivement les taux d’urbanisation de 14,3% et 13% contre 12,4% et 6,3% pour respectivement le Yatenga et le Passoré en 2017;les tendances indiquent que la province du Yatenga vient en tête en termes de taux d’urbanisation sans doute grâce aux effets conjugués de l’Organisation des festivités du 11 décembre 2009 à Ouahigouya qui a donné un autre visage à l’urbanisation de cette ville. Le plan d’action pour l’habitat et le développement de l’urbanisme du ministère de l’habitat et de l’urbanisme prévoit l’élaboration de Schémas Directeurs d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) pour toutes les villes du Burkina Faso. Toutefois, dans la région du Nord, seule les villes de Ouahigouya et de Yako disposent de SDAU (le SDAU Ouahigouya a été élaboré en 2012 et celui de la ville de Yako est en cours d’élaboration 2017, avec un projet déjà existant). Pour les villes de Gourcy et Titao, les informations indiquent que leurs SDAU sont au stade de projets. La ville de Ouahigouya a bénéficié de neuf (09) opérations de lotissements qui ont produit au total 21 501 parcelles de 1936 à  1999 sur une superfice total aménagée de plus de 3 000 ha. Quant à la ville de Yako, il est dénombré 5 opérations de lotissment ayant produit un cumul de 6 333 parcelles d’habitation sur une superficie totale amenagées de 389,35ha pendant la même période. Dans le cadre du programme 40 000 logements lancé par le gouvernement et qui est exécuté en mode Partenariat Public Privé (PPP), deux opérateurs immobiliers privés que sont l’Africaine des Travaux publics (ATP) et la Villa H ont été recrutés pour réaliser à terme 890 logements sociaux et 100 logements économiques au profit de la région du Nord. La répartition par localité bénéficiaire est la suivante :Commune de Ouahigouya : 300 logements (200 logements sociaux et 100 logements économiques) ; Communes de Yako, Gourcy et Titao : 150 logements sociaux au profit des trois communes (50 logements par commune) ;Communes rurales au nombre de 27 : 540 logements (20 logements sociaux par commune rurale).

Si à Ouahigouya le foncier est déjà mobilisé, dans les autres localités la situation reste préoccupante au regard des difficultés de mobilisation du foncier rural. La réalisation de ces infrastructures va certainement contribuer à rehausser le niveau d’habitats et de logements des ménages, accroissant ainsi le niveau d’urbanisation des différentes villes de la région, sans compter le projet de bitumage de 7 km de voiries urbaines dans la commune de Ouahigouya qui y contribuera également. On peut donc retenir les difficultés de mobilisation du foncier pour les investissements comme principales contraintes au développement de l’urbanisme de la région.

La ville de Ouahigouya joue à elle seule trois fonctions : une fonction administrative, une fonction commerciale et une fonction touristique. Quant aux trois autres villes que sont Yako, Gourcy et Titao, elles jouent des fonctions agricoles et touristiques.


Sports et loisirs


 Les manifestations de sports et de loisirs menées périodiquement dans la région sont : les championnats nationaux, les tournois régionaux de pétanque, le championnat de l’USSU-BF et de l’OSEP,la Coupe de l’Espoir, Coupe de l’Evêque, Coupe régionale de la fraternité, le Festival sport et loisir, le Tournoi Olympique du Passoré, la Coupe de l’unité, les coupes de maires de commune et Vacance Foot. Hormis la coupe de la fraternité, les finales de l’USSUBF et de l’OSEP et surtout le tournoi des centres de formation de Foot Ball (créé ces dernières années), qui sont des évènements à caractère régional et national, les autres évènements sont uniquement provinciaux. Au titre des infrastructures de sports, la région du Nord dispose de deux stades omnisport (Gourcy et Ouahigouya) de dix huit aires de jeux (Gourcy, Ouahigouya, Titao et Yako), de douze plateaux omnisports (Gourcy, Ouahigouya, Titao et Yako), de six plateaux (Ouahigouya, Titao et Yako), d’une arène, d’un ring et de deux piscines toutes localisées dans la ville de Ouahigouya. Le sport dans la région du nord est aussi valorisé par la présence du centre de formation Naaba Kango du promoteur Monsieur Noufou OUEDRAOGO, député à l’Assemblée Nationale et fervent supporteur des étalons du Burkina Faso. Ce centre de formation technique, qui est situé dans la ville de Ouahigouya, reçoit des pensionnaires venant d’autres régions du Burkina Faso.

La principale contrainte dans le domaine du sport demeure l’insuffisance d’infrastructures sportives et de loisirs dans les grandes villes comme Yako, Gourcy et Titao et dans les 27 autres communes rurales.