Santé



 


Santé et VIH/SIDA


 La région du Nord comptait en 2016 au titre de l’offre publique de santé un CHR, 4 CMA/HD, 2 CM et 195 CSPS, 2 maternités et 28 dispensaires seuls. Le privé participe à l’offre de santé de la population à travers des formations sanitaires privées et confessionnelles au nombre de 12. Le Centre hospitalier de Ouahigouya érigé en Centre Hospitalier Universitaire régional (CHUR) depuis 2016 est le centre de référence de la région. Prenant en compte la norme nationale qui est de1 CSPS pour 5 000 habitants, la région devait compter en 2017 un nombre total de 317 CSPS ; or la région n’en possède que 195 soit une différence de 122 CSPS par rapport à la norme nationale. A l’horizon 2022, la région devrait compter environ 364 CSPS.

En ce qui concerne les CMA, les districts sanitaires de Ouahigouya et de Thiou n’en disposent pas. Avec la mesure gouvernementale qui vise à doter chaque chef-lieu de commune d’un CMA et la région n’en disposant que de 4 CMA, l’on peut également conclure que des efforts doivent être également faits dans la construction de nouvelles infrastructures de CMA.

Au titre du personnel sanitaire dans les formatons sanitaires publiques, il en existait 775 agents de santé en 2016 contre 591 agents de santé en 2012, traduisant ainsi une augmentation du nombre d’agents dans la région.

Ainsi, en 2016 les ratios nombre d’habitants par agent de santé faisait ressortir les données suivantes : on avait 1 médecin pour 20 061 habitants contre une norme de 20 000 habitants, 1 infirmier/infirmière d’Etat pour 4 351 habitants contre une norme de 5 000 habitants, 1 infirmier/infirmière breveté pour 10 955 habitants contre une norme de 5 000 habitants et 1 Sage femme et 1 magneuticien d’Etat pour 8 004 habitants contre une norme de 12 000 habitants. Ces ratios indiquent quedans l’ensemble la couverture en personnel par nombre d’habitants est bonne en ce qui concerne le médécins, les infirmiers d’Etat et les Sages-Femmes et magneuticiens d’Etat. Cependant, en ce qui concerne les infirmiers brévétés, le ratio de 1 infimier breveté pour 10 955 habitants indiquent qu’il y a urgence de doubler leurs effectifs dans la région pour espérer l’atteinte des objectifs du Plan national de dévelopement sanitaire (PNDS) à l’horizon 2020.

En analysant les principaux indicateurs de santé de la région, l’on peut constater que l’indicateur nombre d’accouchements assistés est à un niveau acceptable et en constante progression de 2012 à 2016. En effet, le nombre de femmes ayant été assistées lors de l’accouchement est passé de 88,3% en 2012 à 91,5% en 2016.

Les principales causes de consultation dans les districts sanitaires du Nord sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës, la méningite, la rougeole, les maladies diarrhéiques.

La mortalité maternelle demeure un problème de santé publique dans la région. En effet, des cas de décès maternels ont été relevés. Ces décès surviennent le plus souvent au moment de l’accouchement à la maison ou au niveau des structures de référence ou pendant la phase de croissance de l’enfant. En 2006, le quotient de mortalité infantile qui était de 102,8nouveaux nés décédés pour mille naissances s’est amélioré en 2010 avec 72 nouveaux-nés décédés pour 1000 naissances. Ce quotient s’est aggravé en ce qui concerne les enfants car, il est passé de 65,2 décès pour 1000 naissance à 88 décès pour 1000 naissances.

Le VIH/SIDA reste une préoccupation pour la région. Les données de la séro surveillance au niveau du site sentinelle de Ouahigouyaindiquent un taux de prévalence du VIH estimé à 1,2% dans le site sentinelle de Ouahigouya.La file active de la région compte en 2015 au total plus de 4500patients. Le nombre de patients sous traitement ARV est moins de 2300.Au nombre des structures de dépistage, l’on distingue l’Association AMMIE qui mène, aux côtés des structures étatiques, un travail très remarquable dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA.

Toutes les structures mettent en œuvre le programme de Prévention de la Transmission Mère Enfant (PTME) avec un fort taux d’adésion des femmes enceintes (plus de 80%). Quelques fois et par endroit on constate des ruptures des intrants. Aussi, pour ce programme on note une faible adhésion des partenaires des femmes.

Les principales contraintes à l’accès des populations aux services de santé et la lutte contre le VIH/SIDA sont : l’éloignement de certaines populations par rapport aux formations sanitaires, la persistance des cas d’accouchement à domicile du fait de l’inacessibilité ou de l’éloignement des maternités, l’insuffisance du personnel de santé, les fréquentes rupture des réactifs CD4, la baisse des subventions en soutien aux activités de lutte contre le VIH/SIDA et les IST et aux sensibilisation sur le Planing Familial, la persistance de pratiques culturelles telles le lévirat, le mariage forcé et l’excision qui exposent à des risques de contamonation au VIH/SIDA et les IST et enfin, ledéveloppement anarchique des sites d’exploitation artisanale de l’or.


Eau potable et l’assainissement


Eau potable

 La Région du Nord comptait en 2016 environ 6673 points d’eau potable modernes dontavec un taux de fonctionnalité de ceux-ci de 84,6%. Dans toutes les provinces les infrastructures hydrauliques sont fonctionnelles à plus de 80 % (par ordre décroissant on a un taux de fonctionnalité 88,78% au Loroum, 87,69% au Yatenga, 86,62% au Passoré et 83,97 % au Zondoma). Les points d’eau moderne sont les forages (4 396), les puits modernes (2149) et les AEPS/PEA (28).En considérant l’évolution de polpulation et les normes de couverture d’un forage et AEPS (300hbts/point d’eau potbale et 500hbts/AEPS), pour une population de 1 724 065 habitants en 2020 et 1 820 901 habitants en 2022, la région aura besoin respectivement de 5746 points d’eau potableet de 6069 points d’eau potable.Or en 2016, il était déjà dénombré 6 673 points d’eau modernes dont 5794 fonctionnels, ce qui traduit un niveau d’équipement en infrastructures d’eau potable assez satisfaisant pour la région du Nord. Il faut donc mettre la priorité sur les réhabilitations des forages en pannes ou le remplacement de ceux qui sont complètement défectueux pour améliorer l’accès des populations à l’eau potable.

Le taux d’accès à l’eau potable des populations dans la région du nord est 74,5% en 2016 contre 71,4% en 2012, 72,3% en 2013, 74,3% en 2014 et 75,2% en 2015. En 2016, la région n’a pas atteint le taux fixé par les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière d’accès à l’eau potable, qui est de 75%. Des efforts importants doivent être faits pour améliorer le taux d’accès à l’eau potable dans la région surtout dans les provinces du Lorum et du Passsoré. Le tableau ci-dessous présente le taux d’accès à l’eau potable dans la région par provinces.

Taux d’accès à l’eau potable par province de la région du Nord

Cette répartition provinciale des taux d’accès à l’eau potable cache des disparités inter communales d’où la nécessité d’avoir une analyse du taux d’accès en milieu rural et en milieu urbain. En effet, en milieu rural on y rencontre comme infrastructures d’eau potable, des forages et des puits modernes. Ainsi, dans l’ensemble des communes rurales, le taux moyen d’accès à l’eau potable est de 74,99% en 2016 contre 75,53% en 2015, d’oû une régression qui s’explique par la fréquence des pannes constatées au niveau des points d’eau potables en milieu rural. Les taux d’accès à l’eau potable les plus faibles de la région sont observés dans neuf (09) communes qui ont un taux d’accès de moins de 70%. Ce sont Plimpikou (46,9%), Bagaré(57,2%), Sollé (61,8%), Thiou (62,6%), Titao (63,3%), Banh(66,6%), Samba (67,1%), Barga (67,2%). L’une des difficultés que recontrent ces communes en matière d’accès à l’eau potable est la profondeur de la nappe phreatique ou la qualité de l’eau souteraine dans certaines communes comme Sollé, Banh et Kain dans le Lorum. En milieu urbain, l’approvionsionnement en eau potable est entièrement géré par l’Office national des eaux et de l’Assainissement (ONEA). Ce réseau est alimenté par les centres de Ouahigouya, de Gourcy, de Yako et de Titao. Le taux moyen d’accès à l’eau potable en milieu urbain est ressorti à 72,95% en 2016 contre 72,88% en 2015, soit une lègère progession. Cependant, des coupures d’eau fréquentes sont souvent constatées dans certains secteurs des villes de Ouahigouya, Yako, Gourcy et Titao (notamment entre janvier et mai). De nos jours les principales contraintes en matière d’eau potable sont la non fonctionalité d’environ 14% des points d’eau modernes créant ainsi une insuffisance d’eau potable en milieu rural, l’insuffisance de points d’eau potable dans la région (Banh, Sollé, Gourcy, Yako) due à la profondeur de la nappe phréatique et la faible capacité de production d’eau de l’ONEA dans les centres urbains de la région. Pour contribuer à resorber les contraintes en matière d’accès à l’eau potable dans la région, il est nécessaire en plus des réhabilitations de forages en pannes etsurtout au regard de la profondeur de la nappe phréatique, de mener une reflextion sur les forages à haut débit et pouvant faire l’objet d’aménagement spécifique en adduction d’eau potable simplifiée inter-villages. Un récensement fait par Direction régionale de l’eau et de l’assainissement fait état de 50 forages à haut débit dans la région du Nord dont 5 au Loroum, 17 au Passoré, 21 au Yatenga et 7 au Zondoma.


Assainissement et cadre de vie


 Dans la région du Nord, la situation de l’assainissement est loin d’être une réalité. Cependant, les progrès suivants méritent d’être signalés :

         Eaux pluviales : le réseau de drainage concerne seulement la ville de Ouahigouya avec un linéaire de 13 650 m composé de caniveaux primaires(à ciels ouvert) structurant dont deux sont aménagés ;

         déchets solides : la gestion des déchets solides se caractérise par la coexistence de trois filières. Premièrement, la méthode traditionnelle de gestionqui consiste au stockage des déchets dans des tas d’ordures devant les concessions ou dans des espaces publics vides et qui sont incinérés ou transférés dans les champs ou à la décharge. Deuxièmement « la méthode associative de gestion ».Des groupements associatifs, généralement des femmes, proposent un système d’abonnement aux ménages. Les ordures sont récupérées régulièrement par ces associations avec des charrettes et transférées sur des lieux de traitement ou des dépotoirs publics prévus à cet effet. Troisièmement « la collecte par les bacs à ordures ». Dans certains endroits des villes et des localités, des bacs à ordures ont été déposés par les mairies pour la collecte des ordures. Ainsi de façon volontaire, les ménages et toute autre personne déversent leurs ordures dans ces bacs. Les déchets sont brûlés ou transférés vers la décharge par la mairie ou des entreprises privées sur commande de la mairie.

          déchets liquides : le système de gestion des eaux usées et excrétas est toujours très traditionnel, marqué la faible utilisation des latrines traditionnelles ou modernes par les ménages (latrines familiales)et le manque de puits busés pour les eaux usées.

Selon l’Enquête national sur les conditions de vie des ménages (ECVM), en 2014, 51.3% des ménages utilisaient toujours la nature comme lieu d’aisance contre 50,5% au niveau national. Dans les communes rurales le taux de défécation à l’air libre et dans la nature est encore plus élevé ; cette situation s’explique par l’insuffisance de latrines familiales en milieu rural.