ETAT DES LIEUX ET DEFIS DU SECTEUR « SANTE »



 

La région du sud-ouest compte en 2018 cinq (05) districts sanitaires : le district sanitaire de Batié, de Dano, de Diébougou et de Kampti. En plus des districts sanitaires, la région abrite un Centre Hospitalier Régional (CHR) et la Direction régionale de la Santé (DRS). Ce point fait l’état des lieux et les défis à relever dans le secteur de la santé.

Infrastructures et équipements sanitaires

En 2018, la Direction Régionale de la Santé du Sud-Ouest, comptait 176 infrastructures sanitaires, réparties en 1 Centre Hospitalier Régional (CHR), trois (3) Centres Médicaux avec Antennes chirurgicales (CMA), trois (3) Centres Médicaux (CM), cent neuf (109) Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) ainsi que treize (13) maternités et dispensaires isolés et trente-sept (37) formations sanitaires privées (cliniques, officines et dépôts). La répartition des infrastructures sanitaires est faite dans le tableau suivant :

 Répartition des infrastructures sanitaires par district sanitaire en 2018

Quant au Rayon Moyen d’Action Théorique (RMAT) des CSPS, il varie d’un district à un autre. Le tableau suivant donne le RMAT de chaque district.

 Rayon Moyen d’Action Théorique des CSPS par district en 2018

Comparé au RMAT national (6,5 km), on note que les CSPS de la région du Sud-Ouest couvrent un rayon moyen légèrement moins élevé. Toutefois des disparités sont observées entre les différents districts sanitaires. En effet les districts sanitaires de Batié et de Kampti ont un rayon moyen d’action théorique largement supérieure à la moyenne régionale et même nationale. Ce qui pose le problème de la répartition spatiale des infrastructures. 

Dans l’ensemble, le taux de fréquentation des formations sanitaires malgré les disparités observées reste satisfaisant à la faveur de la politique de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq (05) ans en vigueur au Burkina Faso.

Le personnel sanitaire

Le personnel de santé disponible dans les formations sanitaires publiques est nettement insuffisant au niveau des médecins au regard des normes préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En effet, l’OMS recommande un ratio de 1 médecin pour 10 000 habitants, alors qu’en 2018, la moyenne de la région est de 1 médecin pour 11 111 habitants contre une moyenne de 1 médecin pour 72 487 habitants en 2008 selon la projection de la population. S’agissant des infirmiers, la situation est satisfaisante, on compte 1 infirmier pour 1 699 habitants. La moyenne des sagesfemmes/maïeuticiens était de 1 pour 4 924 habitants et une accoucheuse auxiliaire pour 9 629 habitants alors que les normes OMS préconisent 1/5000 habitants. Le tableau suivant donne la répartition du personnel de santé dans la région

Situation du personnel de santé de la région du Sud-ouest

Pour combler le déficit, la région aurait besoin d’un personnel additif minimal de 8 médecins et 83 accoucheuses auxiliaires.

 Les principales pathologies

Les principales pathologies rencontrées dans la région sont le paludisme (53,93% des consultations) qui reste encore de très loin la principale cause de consultation dans la région, suivi des infections respiratoires (28,02% des consultations) et des diarrhées non sanguinolent (3,96% des consultations).

 Principales pathologies en 2018

La problématique de l’hépatite et du VIH-SIDA

Au de la des pathologies, objet de consultation fréquent, on observe dans la région la floraison de l’hépatite B. Malheureusement c’est une maladie peu connue des populations et devrait faire l’objet d’une surveillance particulière. Aussi le VIH/SIDA continu-t-elle d’avoir la peau dure dans la région. En effet la région est classée première au plan national en matière de séroprévalence avec 2,7% contre 0,7% le taux de séroprévalence national. A l’instar des autres régions du pays, la question du VIH/SIDA constitue une préoccupation majeure de santé publique dans la région surtout dans les sites d’orpaillage qui constituent un terreau de la prostitution.

Au regard de la situation actuelle du secteur de la santé dans la région du sud-ouest les défis majeurs sont la réalisation d’infrastructures sanitaires de qualité tout en assurant une bonne répartition spatiale afin d’harmoniser le rayon moyen d’action théorique. Il est également nécessaire de renforcer la surveillance de l’hépatite et du VIH/SIDA.

 la nutrition et hygiène alimentaire

Bien qu’elle soit une région pluvieuse et de production céréalière excédentaire, la situation de la nutrition est préoccupante dans la région du sud-ouest., En effet selon l’enquête SMART 2017, les prévalences de la malnutrition aiguë, chronique et de l’insuffisance pondérale chez les enfants de 0-59 mois sont supérieures au niveau national. C’est ce qui ressort dans le tableau qui suit :

 Indicateurs sur la malnutrition

De nombreux facteurs expliquent cette situation peu reluisante. Il s’agit, entre autres, des mauvaises récoltes enregistrées au cours de la dernière campagne agricole, de faible de production maraichère, de pesanteurs socio-culturelles ... 

Des ONG et projets se sont investis dans la lutte contre la malnutrition dans la région mais leurs interventions se limitent à quelques villages. Il s’agit de PAH/GIZ, Progettomondo Mlal, Croix Rouge, VARENA ASSO,.... Ceux-ci mènent de multiples actions en faveur des populations notamment des séances conseils en nutrition et en hygiène, des séances de démonstration de la préparation de la bouillie enrichie, la réalisation de sites maraichers, de champs collectifs. Toute chose qui a contribué à améliorer la situation alimentaire et nutritionnelle des populations dans leur zone d’intervention. Toutefois, pour plus de résultats, les projets devraient étendre leur champ d’intervention et la question de la nutrition devraient être régulièrement abordé pendant les différents cadres de concertation.

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